COMPTEUR

samedi 16 octobre 2010

CHAPITRE 12 : entraînement haut niveau mondial . Raymond PANNIER

CHAPITRE 12 : entraînement haut niveau mondial . Raymond PANNIER

ENTRAINEMENT HAUT NIVEAU MONDIAL
Raymond PANNIER et Pierre LEVISSE ont fait appel à mes services, comme "coach personnel" durant 4 saisons, soit une olympiade, ils m’ont confié leur destin de coureur de haut niveau mondial, afin d’atteindre leurs objectifs et remporter quelques succès internationaux.
Ce chapitre est consacré à Raymond PANNIER, qui détenait le record de FRANCE espoir sur 3000 m steeple en 8’28"81 à l’âge de 21 ans. J’ai conservé précieusement le détail de toutes ses séances d’entraînement, je vous livre les secrets de sa progression au plus haut niveau mondial, 8’13"88 en 1987, avec une victoire au meeting NIKAIA à NICE, devant le champion olympique en titre KORIR du KENYA. Raymond a remporté de nombreuses victoires en meeting, à NICE, à BRUXELLES, à SAINT DENIS, à MONACO, à MARSEILLE sur 3000 m devant le champion olympique, l’italien Alberto COVA, il a battu les coureurs du KENYA et d’ ETHIOPIE ainsi que les meilleurs coureurs du monde, sur une course, Raymond était redoutable, c’était un grand finisseur, dans un dernier 400 mètres, s’il était encore là pour la victoire, il l’emportait.
Lorsqu’en 1984, Raymond PANNIER qui était mon co équipier au stade de VANVES, avec Pierre LEVISSE, m’a demandé de devenir son entraîneur personnel, il était au creux de la vague, ne parvenant plus à améliorer ses records, après 2 saisons très déevantes, le challenge était simple, soit j’étais capable de le propulser vers les sommets de la hiérarchie mondiale, soit c’était la dernière saison, synonyme de fin de carrière. La première chose à mettre en place, était de passer à l’entraînement bi quotidien, car 60 kilomètres hebdomadaire, n’était pas suffisant à mon sens pour atteindre le très haut niveau, il fallait progressivement augmenter le kilométrage, pour arriver dès la première saison hivernale 84/85, à 120/140 km, avec davantage d’endurance active et des séances moins difficiles, en respectant une progressivité et non plus avec des séances que Raymond ne parvenait plus à tenir, tant elles étaient dures, dès le début des séances, ce qui était très démoralisant.
Dès le premier hiver, les résultats étaient probants, avec des victoires sur le plan local, dans la région marseillaise, puisque Raymond avait rejoint MARIGNANE le club de Joseph MAHMOUD, le vice champion olympique du 3000 m steeple de LOS ANGELES. Notre challenge était couronné de succès, comme convenu dès la première saison en 1985, 8’22"36 record personnel et de belles victoires sous le maillot de l’équipe de FRANCE en match international. Les progrès en endurance se sont concrétisés lors de la course CARRY MARIGNANE en septembre 1985, Raymond remportant la victoire devant Jacky BOXBERGER et Alex GONZALES, 2 ténors des courses sur route, lors d’un ultime kilomètre d’enfer, les genoux hauts, devant son public, Raymond n’a laissé aucune chance à ses adversaires, son long sprint a été remarquable, pour l’anecdote, j’étais dans cette course, je termine 17ème et 2ème vétéran derrière Daniel DUHAMEL et devant François FONT en 53’01, PANNIER améliore le record de l’épreuve en 46’57" pour les 15,5 km d’un parcours sélectif.
exemples de séances en 1985 : le 5 avril : 5 x 1000 m (200 m récupération en footing) de 2’45" à 2’41"
le 21 mai : 8 x 300 m (récupération 100 m en 40") tous en 43"/42"
le 26 mai : Victoire sur 2000 m à Marignane en 5’05" 9 record personnel
le 28 mai : 4 x 800 m steeple (récupération 400 m footing) 2’16"3 . 2’14"9 . 2’14"2 . 2’11"8.
Le 5 juin : Victoire et record sur 3000 m steeple en 8’27"42.
Le 25 juin : 2000/1200/800/500 (récupération 2’ footing) 5’19"5. 3’11". 2’05"8 et 1’12".
En 1986, la progression se poursuit 8’18"82 sur 3000 m steeple, séances du 4 mai : 2000/1600/1200/800/400 (récupération 400 m footing) en 5’46" ; 4’31" ; 3’17" ; 2’12" et 58"5.
le 17 mai : 1500/1000/500/1000/1500 (récupération 500 m footing) 4’16" . 2’46" . 1’16" . 2’42" . 4’09"
le 25 mai . Victoire sur 1500 m aux inter clubs devant Thierry PANTEL en 3’44"
le 27 mai : 3 x 1200 m (récupération 400 m footing) 3’17" , 3’16" et 3’15" avec le dernier 400 m en 1’03".
le 30 mai . 6 x 600 m steeple ( récupération 200 m footing) de 1’38" à 1’33".
Le 4 juin. meilleure performance mondiale de début de saison 86 , victoire à SAINT MAUR en 8’23"68.
Le 7 jiuin . 6 x 300 m (récupération 200 m footing) de 41"7 à 41".
Le 14 juin . 1500 m à DIJON en 3’41"97
Le 17 juin . 6 x 1000 m (récupération 200 m footing) de 2’44" à 2’40" (facile)
le 21 juin. SAINT DENIS , 5000 m , il fait plus de 30° à l’ombre, Raymond gagne au sprint devant les meilleurs éthiopiens du moment, DEBELE champion du monde de cross et BULTI, les frères CASTRO ainsi que les meilleurs français Paul ARPIN et jean louis PRIANON, en 13’44"56, dernier kilomètre en 2’32"5
Le 1er juillet, sur 3000 m à MARSEILLE, Raymond bat le champion olympique Alberto COVA au sprint, en 7’48"20 record personnel, 2’38" + 2’39" + 2’31" , le dernier 400 m en 56" (29" et 27")
Le 6 juillet , nouvelle victoire au meeting HERCULIS de MONACO en 8’24"20 sur 3000 m steeple avec un dernier tour en 58"9.
1987. LA MEILLEURE SAISON de RAYMOND PANNIER, 5ème PERFORMER MONDIAL 8’13"88
Raymond PANNIER se classe 9ème du NATIONAL de cross à RENNES, il est sélectionné dans l’équipe de FRANCE de cross pour le mondial de Varsovie en Pologne, ce qui est un exploit et démontre bien les énormes progrès réalisés depuis 3 saisons. Il sera champion de FRANCE à ANNECY devant son copain Bruno LE STUM, il remporte le 3000 m steeple du NIKAIA à NICE, devant les meilleurs spécialistes mondiaux dont le champion olympique, en 8’13"88, nouveau record, et seconde performance mondiale de la saison, avant le MONDIAL de ROME, pour lequel nous fondions de sérieux espoirs.
En 1/2 ifinale, Raymond domine sa série, il devance le favori, l’italien Francesco PANETTA, nous sommes confiants pour la finale. Malheureusement Raymond ne veut courir que pour le titre mondial, il prend tous les risques, il est le seule à suivre PANETTA lancé sur les bases du record du monde, jusqu’à mi course, les 2 fugitifs ont 70 mètres d’avance sur le reste du peloton des finalistes. A 800 m de l’arrivée, Raymond a une médaille, mais les autres reviennent à la cloche, Raymond est cuit, le podium n’est plus d’actualité à 300 mètres du but, il ne se bat plus pour une place d’honneur, il n’a plus de force dans les jambes, 10ème au final, très grosse déception, d’autant que l’anglais médaillé de bronze, était habituellement , derrière Raymond, mais c’est ainsi, il faut tenir les 2 ou 3 courses des grands championnats, PANNIER est l’homme d’une course, mais je reste persuadé que s’il n’avait pas suivi l’italien, pour assurer la seconde place, Raymond aurait été médaillé à ROME comme Gilles QUENEHERVE sur 200 m , vice champion du monde, mais on ne refait pas l’histoire.
3ème place à MARSEILLE CASSIS sur 21 km, 1er français, en fn de saison. 2ème à PARIS VERSAILLES à 17" d’Alex GONZALES, mais devant Pierre LEVISSE 8ème.
SES SEANCES EN 1987.
28/5 . 4 x 800 m puis 5 x 400 m (récupération 200 m footing) 2’15" à 2’09" puis 1’04" à 1’00".
2/6. 8 x 500 m (récupération 300 m footing) 1’18" de moyenne, de 1’20" à 1’15".
4/6 . 3000/2000/1000 (récupération 600 m footing) violent mistral. 8’23" ; 5’32" et 2’32"8.
11/6 . Meeting de saint denis. 5000 m en 13’49"99.
14/6. 5 x 800 m steeple (récupération 400 m footing) 2’11" à 2’13" le dernier en 2’18".
23/6 . 3 x 1000 m steeple puis 500 m (récupération 600 m footing) 2’46"3 . 2’48"5 . 2’48"6 puis 1’10"9
28/6. Victoire à la coupe d’ Europe en 8’22"11
1er juillet : 12 x 150 m (récupération 250 m footing) de 22" à 18"5
3/7 . 3 x 800 m steeple puis 1000/500 (récupération 400 m footing) 2’11"56 ; 2’11"50 . 2’10"22 . puis 2’35" et 1’11"9.
6/7 . 5 x 400 steeple puis 3 x 400 m (récupération 400 m footing) 1’01"6 . 1’05"8 . 1’02"5 . 1’03" . 1’01" puis 59"4 . 58"5 . et 57"
9/7. 8 x 200 m (récupération 200 m footing) de 29" à 26" progressif
13/7. Victoire au NIKAIA à NICE en 8’13"88 RECORD personnel.
21/7. 3000/2000/1000 (récupération 600 m footing) 8’26" ; 5’21" et 2’36".
En fin de saison , Raymond sera 4ème au meeting de COBLENCE en 8’14"72
SAISON 1988. JEUX OLYMPIQUES DE SEOUL.
Nous préparons cette saison olympique avec le plus grand sérieux, Raymond veut une médaille olympique, il remporte le 3000 m steeple du meeting de Saint denis, comme à son habitude, avec un dernier tour dévastateur, en 8’16"01, il annonce la couleur dès le 6 juin, meilleure performance mondiale de la saison. L’ EQUIPE titre : un PANNIER en OR.
Le 19 juin, il remporte le 3000 m steeple de FRANCE ANGLETERRE facile en 8’29"16 en terminant ls 5 derniers tours , 2000 m en 5’30".
Le 22/6 . 4 x 800 m steeple (récupération 400 m footing) 2’10" ; 2’10" ; 2’09" et 2’08"
Raymond souffre du dos, il se fait replacer les vertèbres avant le NIKAIA, ça tombe très mal, le 3 juillet 2000 m puis 1200 m en 5’15" puis 3’08"5
Le 10 juillet , c’est le NIKAIA, mais Raymond n’a pas récupéré, il est moyen en 8’19", largement dominé, alors que nous avions prévu un chrono sous les 8’10".
Durant le mois de juillet, Raymond est en perdition, il doute de mes orientations pour cette saison, je lui explique que tout va bien , qu’il sera au top pour SEOUL, qu’il est en forme et que son prochain 3000 m en Espagne va le confirmer, et effectivement Raymond améliore son record personnel en 7’44", puis il remporte en Août, le 3000 m steeple du meeting de BRUXELLES en 8’16", même chrono pour le championnat de FRANCE à TOURS, où Raymond fait la course en tête avec une facilité déconcertante, mais je ne suis plus son coach depuis 10 jours, j’ai décidé de rendre mon tablier.
Raymond manquant de confiance, il suit les conseils de son ami Denis RAMANICH, que j’avais entraîné sur marathon, auparavant, bref, Raymond était libre, il pensait que les séances de fractionné long n’étaient plus utiles pour lui, qu’il était un coureur à jus, que des séances de 200 m, lui suffisaient dorénavant, bref, il savait mieux que moi, je n’avais plus rien à dire, en souhaitant qu’il soiit médaillé à SEOUL, ce qui récompenserait mes 4 années fabuleuses passées à ses côtés. On connait la suite : PANNIER 10ème en finale à SEOUL, très bien en série, moyen en 1/2 finale et en perdition en finale. L’ EQUIPE avait titré avant la finale : le PANNIER était percé... Dure réalité, après avoir été en OR en juin. l’ EQUIPE avait aussi titré : PANNIER DE L’OMBRE A LA LUMIERE, pour expliquer ses 8’19" de NICE, puis ses 8’16" de BRUXELLES, 3 petites secondes d’écart, tu parles d’un gouffre...
Après SEOUL, Raymond a pousuivi sa carrière, sans succès, il a régressé pour se retrouver au delà des 9 minutes sur 3000 m steeple, il a stoppé sa carrière ensuite, pour se mettre au VTT. Je conserve un excellent souvenir de ces 4 années, de tous nos stages sur PARIS chez moi, ou à MARIGNANE, ou dans les Landes, mon meilleur souvenir étant mon déplacement en TGV pour le 3000 m de MARSEILLE, aller et retour dans la journée, pour assister à sa victoire sur COVA. Mais la 1/2 finale du Mondial de ROME était magnifique et pleine d’espoir, pour la finale, je me préparais même en cas d’exploit, à me jeter dans la rivière de steeple, j’étais bien placé pour le faire, mais je n’ai pas eu cette occasion de me manifester sur la piste romaine. Dommage...

CHAPITRE 13 : conseils pour bien débuter

CHAPITRE 13 : conseils pour bien débuter

TOUS LES CONSEILS UTILES POUR DEBUTER EN COURSE A PIED.
Chaque jour, des personnes prennent la décision de s’occuper un peu plus de leur bien être et de leur condition physique qui avait tendance à se dégrader avec l’inactivité. Vous allez vous mettre au jogging, dans le but de rééquilibrer votre vie, d’éliminer quelques kilos superflus ainsi que le stress créé par vos obligations professionnelles ou familiales. Mais il faut bien débuter, et surtout savoir comment vous y prendre pour trouver du plaisir, ce qui n’est pas évident au départ.
Il y a plusieurs catégories de débutants, car certains sont des sportifs ayant pratiqué d’autres sports, ils possèdent des qualités acquises par leur anciennes pratiques, judo, natation, cyclisme, football, rugby, ou autre sport collectif ou individuel. Pour d’autres, le sport sera une totale découverte, ils n’ont pas eu l’occasion de pratiquer, sauf en scolaire, taper dans un ballon, courir un 80 mètres, ou courir 3 tours de terrain de sport en traînant un peu des pieds et surtout sans aucune envie d’en faire plus et mieux. Je vais donc vous donner tous les conseils afin de débuter dans les meilleures conditions possibles, afin que la course à pied vous aide à mieux vivre aussi bien physiquement qu’au niveau de votre envie de vous dépenser selon votre motivation qu’il sera bon de développer en même temps que vos qualités cardiovasculaires et physiques.
La première des choses importantes est l’équipement, il est indispensable de vous rendre dans une boutique spécialisée afin d’acquérir une paire de chaussures pour courir, au rayon "running", vous vous ferez conseiller auprès d’un vendeur, en fonction de votre poids et de votre façon de courir, selon que vous serez : pied universel, supinateur ou pronateur. Il est bon de choisir un modèle confortable, avec un bon amorti, pas trop légères, pour courir en nature ou sur route.
Ensuite, un collant ou un short ou encore un "cycliste", un survêtement en hiver, un coupe vent pour vous protéger du vent et des mauvaises conditions, pour le reste, c’est moins urgent, vous achèterez au fur et à mesure de vos besoins. Vous avez l’équipement indispensable pour vous lancer dans l’aventure.
Premier conseil, partez très lentement, le moins vite possible, même si vous avez l’impression de marcher, il ne faut pas vous lancer à perdre haleine, bien au contraire, il est primordial de bien conserver votre souffle, moins vous irez vite et plus ce sera facile de tenir au delà de quelques minutes. Si vous êtes à bout de souffle après quelques centaines de mètres, c’est que vous avez couru bien trop vite, marchez, récupérez, puis repartez encore moins vite, le but est de tenir au moins 5 minutes. Alternez course très lente et marche rapide, essayer de tenir ainsi 20 minutes pour une première séance, 30 minutes sera l’étape suivante, ne soyez pas pressés, soyez patients, rien ne se fait en un jour, il vous faudra être persévérant et très progressifs.
Ne vous comparez pas aux autres coureurs qui vont bien plus vite que vous, c’est logique, ils courent depuis longtemps, leur organisme a été préparé, ils se sont améliorés au fil des mois ou d’années de pratique, vous n’allez pas les rejoindre tout de suite, vous devez courir selon votre niveau de débutant, vous allez progresser très vite, à condition de bien suivre tous nos conseils.
Essayez de vous organiser pour aller courir 2 fois chaque semaine, dont une fois en forêt ou en nature pour ne courir qu’en endurance fondamentale, en augmentant chaque sortie de 5 minutes, jusqu’à ce que vous soyez capable de faire une heure, en alternant course et marche, 10’ de course et 5’ de marche rapide est une excellente formule, pour conserver du plaisir durant 30 minutes, 45’ ou une heure. La seconde séance d’entraînement peut être courte, 20’ ou 30’ , au cours de votre premier trimestre, il vous faudra bien 3 mois, à ce régime, avant de penser à courir de manière plus intensive dans le but de progresser, même si votre intention est de privilégier le plaisir avant tout.
Durant ces 3 premiers mois, soit 12 semaines, votre principal objectif est de courir avec régularité, d’apprendre à bien maîtriser votre souffle et votre allure, de ne pas hésiter à ralentir votre rythme, si cela devient plus difficile ou désagréable, de marcher si nécessaire, ne vous forcez pas, tout vient à point à qui sait attendre, vous allez vous améliorer au fil des semaines, l’essentiel est de conserver votre motivation, votre enthousiasme, il ne faut surtout pas ressentir de fatigue excessive, juste une bonne fatigue, très facile à récupérer, après une bonne douche ou un bon bain.
Vous devez penser à votre technique de course plutôt qu’à votre vitesse, essayez de courir bien relâchés, détendus, sans aucune crispation, bien en équilibre sur vos jambes, en pensant à vos bras qui ne doivent pas être statiques, figés, au contraire ils doivent se balancer au rythme de vos foulées, avec une bonne synchronisation, ne vous écrasez pas sur vos appuis, votre pied doit réagir assez vite au sol et vous aider à vous propulser. Il est très important de bien vous régler sur tous ces détails techniques, afin de ne pas prendre de mauvaises habitudes, ne subissez pas, au contraire vous devez vous sentir dominer votre sujet, ce n’est pas la vitesse qui compte, mais bien d’acquérir en premier lieu , une bonne technique de course.
La base de votre entraînement durant ces 3 premiers mois d’apprentissage, est l’endurance fondamentale, le but étant de courir une heure sans vous arrêter au terme de ce trimestre, mais vous pouvez tout de même agrémenter vos sorties, de quelques accélérations légères comprises entre 15 secondes et une minute pour commencer , et jusqu’à 3 minutes après un mois de pratique, il ne s’agit pas de courir vite, simplement d’accélérer progressivement tout en conservant votre équilibre respiratoire, c’est une initiation au "fartlek" , qui était une méthode d’entraînement en nature, inventée par les suédois, appelé également "jeu de course", vous restez libre de vos allures et de vos récupérations, c’est quand vous le décidez, à la vitesse et la durée que vous choisissez, vous pouvez ainsi gravir une petite côte, ou dévaler une descente, tout en restant bien concentrés sur votre technique en assurant bien chaque appui au sol.
Vous pouvez trouver un petit circuit de buttes, c’est un excellent moyen de muscler vos jambes, et de varier votre plaisir de courir. Vous pouvez également consacrer 5 à 10 minutes à la P.P.G, préparation physique généralisée, avec des montées de genoux, sans exagérer le mouvement, ainsi que des talons fesses, progressivement de plus en plus rapides, des fentes avant, quelques mouvements abdominaux et d’étirements passifs, sans douleur, ne jamais faire ces exercices à froid, mais après 20 minutes de footing d’échauffement, avant de faire vos accélérations légères.
Après 3 mois, vous allez pouvoir étoffer vos entraînements, en incluant une séance de rythme, qui peut tout à fait se pratiquer en nature, vous allez vous initier avec le "fractionné", qui est un rythme supérieur à l’endurance, dans un premier temps ce sera de l’endurance active, comprise entre 80 et 88 % de votre fréquence cardiaque maximale, que vous aurez préalablement testée à l’aide d’un cardio fréquencemètre, car il est important de bien cibler vos allures d’entraînement en fonction de votre coeur, ou de votre VMA, qui est votre vitesse maximale aérobie, celle que vous pouvez maintenir durant 6 à 8 minutes, mais un 1000 m ou un 1500 m , peut tout à fait vous donner une bonne indication, si vous courez 1500 m en 6 minutes, votre VMA ne sera pas très éloignée de 15 km/heure, si vous courez un 1000 m en 5 minutes, votre VMA sera légèrement inférieure à 12 km/heure, pour avoir une idée plus précise, il vous faudra courir à vitesse régulière durant 6 minutes, si vous avez parcouru 1300 m , votre VMA sera de 13 km/heure, 1400 m pour 14 km/heure.
Une fois familiarisé avec ces notions, vous pourrez avoir envie de courir en compétition, juste pour le plaisir de participer et de vous situer par rapport à vos débuts, vous allez choisir, une distance courte, un 3 km, ou un 5 km, ce sera un bon tremplin pour votre futur premier 10 kilomètres, que vous pourrez préparer plus spécifiquement et avec méthode, même si vous n’envisagez pas de faire réellement de la compétition, il y a des course pour tous, conviviales, surtout pendant les fêtes de fin d’année, où certains coureurs courent déguisés en pères NOEL, avant tout pour le plaisir de participer.
Plus tard, après une année d’entraînement régulier , il est possible que vous soyez attirés vers le marathon, comme de nombreux coureurs qui ont débuté en pensant à cette course mythique de 42,195 kilomètres, mais avant il faudra procéder par étapes, préparer un 1/2 marathon qui est déjà une course d’endurance assez exigeante au niveau de la préparation, 21 km tout de même , soit 2 heures d’efforts pour certains, ce qui n’est pas anodin.
Si vous êtes en surpoids, il vous faudra débuter avec une extrême prudence, courir très lentement, en endurance, avec de la patience et de la persévérance, vous pouvez perdre 3 kilos au bout d’un mois, ce n’est pas beaucoup, mais le processus sera bien engagé, et il ne faut pas fondre trop vite, 6 à 8 kilos de moins après 2 mois, ce sera très encourageant, pour serez ensuite plus à l’aise, moins de risque de blessures aussi, certains sont arrivés à perdre jusqu’à 20 kilos en quelques mois, passant de 100 kg à 80 kg, autant dire qu’ensuite, tout est facilité, et les progrès sont spectaculaires.
Que vous soyez une femme ou un homme, il n’y a pas de différence lorsque l’on débute, chacun devant courir selon son niveau et ses capacités, beaucoup de femmes se révèlent assez rapidement, et deviennent d’excellentes coureuses après quelques mois de pratique, il y a de plus en plus de femmes dans les pelotons des courses populaires. Il n’y a pas d’âge pour décider de courir, beaucoup débutent à 40 ou 50 ans, les niveaux peuvent être très différents, certains vont courir leur premier 10 km en 1 heure, d’autres en 50 minutes, ou en 45 minutes, mais on peut trouver des débutants en 40 minutes ou mieux, surtout s’ils viennent d’un autre sport. Un débutant, quel que soit son niveau de départ peut espérer progresser avec un bon entraînement bien géré sur 6 ou 7 années, il faut dans un premier temps considérer les 3 premiers mois comme une période d’apprentissage, au cours de laquelle on peut perdre quasiment tous les kilos superflus, ensuite à partir du niveau obtenu, on peut encore progresser de 20 % sur des distances comprises entre 3 km et 10 km, les distances plus longues, 1/2 marathon et marathon n’entrent pas en ligne de compte, puisqu’elles dépendent de l’endurance, surtout le marathon.
On peut très bien courir ou marcher, un premier marathon sans aucune préparation, comme un défi, en plus de 5 heures, et courir un marathon un ou 2 ans plus tard, très bien préparé, en 3 heures, les 2 heures de différence ne sont pas seulement dus à une progression, mais surtout au fait, que bien préparé, vous aurez couru vos 42 km, alors que la première fois, vous aviez beaucoup galéré, en rejoignant la ligne d’arrivée en marchant quasiment 2 heures à 5 ou 6 km/heure.
Je souhaite bon courage à tous ceux et toutes celles qui vont débuter en 2009, profitez du printemps pour vous décider, accrochez vous, soyez motivés, éprouvez du plaisir, c’est le plus important.

CHAPITRE 14 : entraînement haut niveau : Pierre LEVISSE

CHAPITRE 14 : entraînement haut niveau : Pierre LEVISSE

ENTRAINEMENT HAUT NIVEAU. PIERRE LEVISSE. TOP 10 MONDIAL EN CROSS.
Pierre LEVISSE est venu s’installer à VANVES après les J.O de Montréal en 1976, il est devenu mon co-équipier au STADE de VANVES, ainsi que le parrain de mon fils Didier, né en 1977, je partageais quasiment tous ses entraînements, jusqu’au jour où il m’a demandé de prendre en charge sa préparation, en 1983 lorsqu’il a signé au stade français. Pierre m’avait dit : "tu es maintenant le seul maître à bord", je suis devenu son coach personnel, son ami, et notre collaboration sera efficace durant 4 années, avec notamment des titres de champion de FRANCE en cross, mais aussi une 7ème puis 9ème place au MONDIAUX de cross, à NEW YORK puis à LISBONNE.
Pierre LEVISSE est né à ARQUES le 21 février 1952, une petite ville de 9000 habitants, dans le Pas de Calais à 4 km de Saint OMER, dès l’âge de 8 ans, il parcourait les 4 km séparant son domicile de son école, en marchant à très vive allure, parfois en courant, il n’était jamais en retard. A 11 ans, il courait régulièrement sur des parcours variés et étalonnés, avec comme but, de toujours améliorer ses chronos précédents, il consignait ses résultats sur un carnet afin de constater ses progrès. Pierre LEVISSE, courait au niveau scolaire, il remportait quasiment toutes ses courses, ses rares défaites le laissait avec une forte envie de revanche, il n’aimait pas perdre. A 15 ans, Pierre se classe 3ème d’un 600 m en 1’32"5, il est très déçu, ce qui lui enlève le goût de la compétition, il s’expatrie en Anjou avec sa famille, retrouvant progressivement l’envie de courir, il s’entraîne peu, à 16 ans, il remporte un 1000 m en 2’43", mais les meilleurs cadets sont en 2’30", 2 sorties hebdomadaires lui semblaient suffisantes, il n’éprouvait pas le besoin d’en faire davantage.
En 1972, c’est le déclic, les J.O. de MUNICH, le finlandais Lasse VIREN remporte le 5000 m puis le 10000 m, Pierre décide de courir chaque jour, 30 minutes, de plus en plus vite, il obtient rapidement d’excellents résultats, la presse locale en fait la révélation de l’année, à 20 ans, Pierre remporte de nombreux succès dans sa région d’ANGERS. L’année 1973 ne lui est pas favorable, il ne participe pas au NATIONAL de cross qui a lieu à ANGERS, chez lui, il n’est que spectateur pour cause de blessure, Noël TIJOU est champion de FRANCE, je réalise pour ma part, mon meilleur résultat, 27ème, entre CAIROCHE et Jean FAYOLLE, ancien vainqueur du MONDIAL de cross. En 1974 , Pierre sera présent sur le parcours très boueux du TOUQUET, nous serons ensemble durant toute la course, un peu enlisés, 69ème place pour lui, 72ème pour moi, et 75ème pour Radhouane BOUSTER.
Pierre ne pouvait se contenter de ce niveau modeste, il allait mettre les bouchées doubles en 1974 puis 1975, après avoir réussi ses études en pharmacie, il trouve un emploi de bureau à mi temps, afin de courir 2 fois par jour. Au championnat de FRANCE de relais 4 x 1500 m avec le CSJB ANGERS, Pierre est au dernier parcours, il part dans les derniers du peloton, remonte un à un les concurrents, pour réussir le meilleur chrono en 3’42", c’est encourageant pour la suite de sa carrière. En 1976, ce sont les jeux olympiques de MONTREAL, Pierre est sélectionné sur 10000 mètres, avec un superbe 28’30" lors du championnat de FRANCE à LILLE. Lasse VIREN récidive, à nouveau double champion olympique sur 5000 m et 10000 m, malheureusement, notre Pierrot s’était trop entraîné, voulant trop bien faire, il est dans un très mauvais jour, lors de sa 1/2 finale, et ne sera que spectateur pour la finale, à laquelle participera son ami Jean Paul GOMEZ, qui portera le record de FRANCE à 28’02", avec une belle 9ème place derrière l’intouchable VIREN, quadruple champion olympique. Pierre revient évidemment très déçu, il change de cap, emménage en région parisienne, à VANVES, à moins d’un kilomètre de mon domicile, d’entrée nous sommes amis, nous partageons toutes nos séances sur piste et en forêt.
En 1978, le stade de VANVES remporte la coupe de FRANCE de cross au TOUQUET, combiné juniors/seniors, Pierre LEVISSE prend une belle 3ème place derrière Dominique COUX et jean Luc PAUGHAM, son conseillé à cette époque était monsieur MAROLLEAU, Pierre avait un programme assez uniforme, 6 x 1000 m et 10 x 400 m , quasiment chaque semaine, une vingtaine de kilomètres par jour, des footings à 16 km/heure avec des accélérations variées entre 18 et 20 km/heure.
A partir de 1978, je deviens son "sparing partner" mais aussi son conseiller, Pierre devient champion du monde de cross avec l’équipe de FRANCE devant les ETATS UNIS, 10ème sur le parcours de GLASGOW, un vrai cloaque sur lequel l’irlandais John TREACY s’imposait avec brio, Lucien RAULT avec ses 42 ans, est 13ème, Radhouane BOUSTER 17ème, l’équipe était complétée par Alex GONZALES, Jean Luc PAUGHAM, Dominique COUX le champion de FRANCE, Thierry WATRICE et Jean Paul GOMEZ, une sacrée équipe au sommet du cross mondial, il est vrai que le KENYA et l’ ETHIOPIE n’étaient pas encore conviés à ce mondial de cross.
Pierre était en grande forme en ce début d’été 1978, il remporte le 10000 m du meeting de LILLE en 28’40", devançant les meilleurs belges, portugais, espagnols et français, la manière dont il avait couru, m’avait persuadé que Pierre avait le record de FRANCE dans les jambes, je lui mettais dans la tête qu’il allait réaliser moins de 28’ au meeting de STOKHOLM, l’objectif était clair, 27’59". Et ce qui devait arriver, arriva, 5ème PIERRE LEVISSE en 27’58"05, nouveau record de FRANCE, le japonais SEKO remporte ce 10000 m en 27’51"6, les 3 autres sont : l’allemand UHLEMANN, l’américain BROWN et le polonais KOPIJART, derrière il y a les frères SOH (japon), le néo zélandais dick QUAX le recordman du monde du 5000 m, Bill RODGERS le célèbre marathonien américain.
En 1979, Pierre souffre de ses tendons d’achille, nous ne sommes pas très rassurés avant le NATIONAL de cross d’AIX les bains, cependant je reste convaincu que Pierre peut s’imposer, je partage sa chambre, je le motive au maximum, malgré le repos forcé de ces derniers jours, le footing de la veille se passe bien, le parcours sera long de 14 kilomètres, le stade de VANVES est favori par équipe, malgré le FC SOCHAUX de Jacky BOXBERGER.
Ce sera un doublé du stade de VANVES pour le podium, 1er Pierre LEVISSE , 3ème Radhouane BOUSTER, Jean Luc PAUGHAM parvenant à s’intercaler à la seconde place, je me classe à la 105ème place, nous sommes vice champions de FRANCE par équipe, derrière l’ASPP mais devant SOCHAUX. En 1981, confirmation au mondial de cross à MADRID, encore 10ème, après avoir pris la 3ème place au NATIONAL de la Grande Motte, derrière les 2 GONZALES, Alex 1er et Francis 2ème, Radhouane BOUSTER qui avait laissé une chaussure dans un passage marécageux, prend une 5ème place méritoire après un retour fantastique, malgré un pied nu, le vainqueur de la corrida de SAO PAOLO était très fort ce jour là, mais très malchanceux et héroïque. Pour revenir au mondial de Madrid, Pierre devançait de très grands champions, tels le néo zélandais DIXON, l’éthiopien Miruts YFTER double vainqueur 5000/10000 de la coupe du monde, le finlandais Martii VAINIO, l’écossais Nat MUIR, le gallois Steve JONES qui deviendra recordman du monde du marathon, L’américain Craig VIRGIN s’était une nouvelle fois imposé comme l’année précédente en FRANCE à Longchamp, 2ème l’éthiopien Mohamed KEDDIR, 3ème le portugais Fernando MAMEDE, Pierre terminait à 21 secondes du champion du monde.
Pierre remportait brillamment le cross de LYON, devant Emil PUTTEMANS, Saïd AOUITA se retirant de la course à un tour de l’arrivée, s’étant trompé d’un tour, ainsi que le cross de CHARTRES devant l’anglais Julian GOATER, mais Pierre sera une nouvelle fois devancé au national de cross à NANCY, cette fois c’est Thierry WATRICE le champion, décidemment sur les 8 derniers championnats, Pierre n’a obtenu qu’un titre, 2 fois second et 4 fois sur la 3ème marche du podium, il va falloir changer tout ça...
En mars 1983, le mondial de cross a lieu à GATESHEAD, Pierre sera présent aux avants postes durant la première moitié du parcours, puis légèrement en retrait dans un groupe de chasse avec COVA, PORTER, MUIR, JONES, il prendra une excellente 13ème place, premier français, BOXBERGER sera 56ème et le champion de FRANCE , WATRICE 80ème, c’est le jeune éthiopien DEBELE qui s’adjuge le titre devant Carlos LOPES, futur champion olympique du marathon et champion du monde de cross.
1983 - 1986 : NOS 4 ANNEES DE COLLABORATION
Pierre LEVISSE sera champion de FRANCE de cross en 84 au TOUQUET devant Thierry WATRICE, qu’il déposera à 1500 m de l’arrivée, après une belle course au coude à coude, avant ce NATIONAL, Pierre avait terminé 3ème du cross de l’EQUIPE, juste derrière l’éthiopien DEBELE le champion du monde en titre et Carlos LOPES le futur champion du monde.
Avant le NATIONAL du TOUQUET, Pierre effectue de belles séances de préparation : Une séance de vitesse sur 12 x 80 mètres puis le lendemain 9 x 800 m avec 400 m de récupération au trot, en 2’12", mais avec un second 400 m en 1’03".
Puis un cross en Belgique, 4ème à BIERBECK.
3 jours après, 6 x 1000 m (récupération 400 m au trot) 5 en 2’44"/2’46" , le dernier en 2’41", mais toujours avec une franche accélération sur les 300 derniers mètres.
4 jours de footings légers et de concentration avant le NATIONAL pour un second sacre à 32 ans.
Mais Pierre et moi étions très ambitieux cette année là, nous envisagions très sérieusement le podium mondial à NEW YORK, voici notre programme de préparation en détail.
29/2. 9 x 400 m (récupération 400 m au trot) 6 en 1’06", puis 1’05" à 1’03"6 et 1’03"5 avec accélération franche dans les 150 derniers mètres, en training puis 3 x 400 m en pointes : 1’00"4 . 1’01"7 et 59"1.
3/3 . Endurance 1 h 40’ sur route dont 30’ à 18 km/h, le reste à 15/16.
4/3 . Endurance 1 h dont 6 côtes de 300 m
6/3. 3 x 200 m en 28"/27"5 puis 3 x 150 m en 20"5/20" puis 3 x 100 m en 13"2/12"8 et un 400 m en 56"6.
8/3. 4 x 1500 m (récupération 900 m au trot) 4’26" , 4’19"5 , 4’13"2 (dernier 500 m en 1’22") et 4’07"2 (2’50" + 1’17")
toujours notre principe de base, progresser en intensité en cours de séance ainsi que sur chaque distance.
11/3 . 2 heures sous bois dont 25 km à 19 km/h
13/3 . 10 x 250 m avec sprint sur les 50 derniers mètres (6’5/7"), de 37" à 36", le dernier 250 m en 33"8.
15/3 . Une grosse séance : 2000 m (récupération 900 m footing) en 5’39", puis 1500 m en 4’03" (récupération 600 m footing) 1000 m en 2’40" (récupération 500 m footing) 1500 m plus relax, en 4’15", puis un 2000 m en 5’29" (2’46" + 2’43"), certainement la plus belle séance de sa carrière, j’avais été très impressionné, 8 km pour 21’56" , soit un rythme de 27’30" au 10000 dans les jambes.
J’étais certain que Pierre allait faire un grand mondial de cross, il m’avait invité à le rejoindre sur place, ce que j’acceptais avec grand plaisir naturellement. Il restait 3 jours avant le départ de l’équipe de FRANCE pour NEW YORK, le 17 mars, longue sortie d’ 1 h 45’ à 15 km/h.
18/3 , j’avais programmé un test sur 10000 m sur piste, pour remplacer une compétition, car il y avait 4 semaines entre le NATIONAL et le MONDIAL, j’avais demandé à Pierre de partir très vite, comme s’il s’agissait d’un départ de mondial, 31" pour les 200 premiers mètres, puis 2’17" au 800 m et 2’48" au km, ensuite chaque kilomètre, à 20 km/heure, soit 26’43 au 9ème km, pour terminer en accélération progressive, comme pour la fin d’une course 1’23" + 1’19" par tranche de 500 m soit 2’42" pour ce dernier kilomètre, avec 30" pour les 200 derniers mètres, temps final 29’25", 7 jours avant le jour J, Pierrot était au top de sa forme, il restait à bien gérer le voyage et le séjour dans la capitale new yorkaise avant le jour J.
Je rejoignais Pierre et l’équipe de FRANCE le 22 mars, la gestion de l’ultime semaine a été satisfaisante, la veille nous reconnaissons le parcours, pour les traditionnels accélérations sur 200 m, 3 pour être précis,, le terrain est sec, c’est une véritable piste, archi plat à part une butte artificielle, les éthiopiens étaient impressionnants en cette veille de mondial, n’allaient ils pas trop vite ? réponse le lendemain...
Pierre craignait Alberto COVA, bien plus que Carlos LOPES, il avait décidé de calquer sa course sur l’italien , alors que je voyais bien le portugais depuis sa victoire au cross de l’équipe. Quels étaient les favoris ? LOPES, DEBELE, COVA, TREACY, KEDDIR, VIRGIN, DE CASTELLA, tous champions du monde, MAMEDE, VAINIO, PRIETO, MUGE, JONES, HUTCHINGS, PORTER, WAIGWA, KIPKOECH, HERLE, LEITAO, GOATER et bien d’autres très grands champions, terminer parmi les 20 est déjà un exploit.
DIMANCHE 25 MARS 1984. PIERRE LEVISSE 7ème DU MONDIAL DE CROSS.
8 heures du matin, nous partons Pierre et moi pour un léger footing au réservoir de central park, une petite 1/2 heure à 12/13 km/h, tout est parfait, il n’y a plus qu’à patienter avant le départ des cars pour EAST RUTHERFORD à la sortie de NEW YORK, le temps est couvert, il fait bon, le sol est sec, pas de vent. A l’échauffement, Carlos LOPES va vite, très vite, il est impressionnant, c’est de loin le plus rapide et c’est révélateur de ses ambitions. Pierre reste très concentré sur son départ, que nous avons prévu, très rapide afin d’être tout de suite aux avants postes.
Le départ est donné, le maillot rouge et blanc de Pierre se détache bien du peloton des coureurs, il va très vite, 1’12" au 500 mètres, 8ème position, c’est parfait, car celui qui est en 100ème position n’a plus aucune chance, de bien figurer, on ne remonte pas des champions lancés à plus de 20 km/heure, d’autant que c’est bien plus de 22 km/heure sur ce premier kilomètre, Thierry WATRICE et Jacky BOXBERGER sont débordés, vers la 120ème place, ce sera très difficile pour eux.
3ème kilomètre, Pierre est bien là, à 20 mètres des premiers, 8’17" en compagnie de COVA, LOPES, ABEBE, TREACY, les 3 hommes de tête prennent des risques, PORTER, JONES et HUTCHINGS n’ont pas l’air de vouloir ralentir, seul Carlos LOPES saura revenir sur le trio , au prix d’une accélération foudroyante, à laquelle Pierre n’a pas osé répondre, il reste avec l’italien COVA, ne croyant pas que le coup est déjà joué, il temporise. Pierre était 7ème à mi course, mais rien n’était encore acquit.
Cependant au 9ème km, l’écart entre les 4 de tête et la 5ème place, semblait définitif, tout allait se jouer entre PORTER, LOPES, HUTCHINGS et JONES, je voyais bien notre Pierrot national pour la 5ème place, d’autant que constatant que COVA n’était pas dans un grand jour, il se décide de passer à la contre attaque, à 2 km de l’arrivée, à la poursuite de WAIGWA et EYESTONE, 30 m, 20 m, puis 10 m à combler pour espérer la 5ème place, il reste 1 km, j’y crois très fort, mais le retour de Pierre laisse des traces, à 800 m du but, le kenien WAIGWA 3’36" au 1500 m , sprinte, et EYESTONE devant son public fait de même , Pierre se livre au maximum, mais ne peut aller plus vite, cela lui permet cependant de résister au retour de DEBELE le précédent champion du monde, ainsi que de LEMA et de COVA redoutable finisseur. Pierre obtient son meilleur classement dans un mondial de cross à 26" du vainqueur Carlos LOPES, les autres français seront : 36ème Dominique CHAUVELIER (excellent), 51ème Philippe LEGRAND, 77ème Jean Louis PRIANON, 90ème Alex GONZALES, 110ème Jacky BOXBERGER, puis BERNARD et WATRICE redevenu train de banlieue, mais qui redeviendra le TGV, très bientôt, l’équipe de FRANCE ne termine qu’à la 9ème place, l’ETHIOPIE est championne du monde, malgré qu’aucun éthiopien ne devance notre Pierrot national, les USA chez eux sont vice champions du monde.
Après le mondial, l’objectif était les 25 km de BERLIN, il fallait repartir sur un programme spécifique, l’objectif étant la victoire et le record. Les séances étaient les suivantes :
3 x 3000 m sur route en 9’12", 2 jours plus tard 6 x 500 m en 1’16".
2 jours plus tard un 10000 m sur piste en 31’, et 48 heures après, 6 x 1000 m (récupération 200 m footing) en 2’43", le lendemain 2 heures en endurance, puis 2 jours après un 20 km en 59’20".
4 jours plus tard, 3000/2000/1500/1000/500 en 8’39" puis 5’31", 4’09", 2’36" avec une facilité déconcertante, pour finir en 1’13"3 son 500 m, 10 jours avant BERLIN.
Puis une sortie en endurance de 2 h 10’, 3 jours après, 8 km, 4 km, 3 km et 2 km sur route , en 24’16" , 12’12" , 8’55" et 6’03" .
3 jours avant les 25 km de BERLIN, 10 x 400 m en 1’01" (32"5 + 28"5), au vu de cette dernière séance et de ce dernier mois de préparation, la victoire ne faisait aucun doute, Pierre allait encore frapper un grand coup.
Comme d’habitude j’accompagnais Pierre, de plus, j’allais courir ces 25 km, dans l’euphorie du départ, je me retrouve en tête derrière la moto, je ne me rend compte de rien, jusqu’au premier kilomètre, je vois 2’44" , je me retourne et je constate que Pierre et les autres favoris ne m’ont pas suivis, ils sont à 20 km/heure, ils me passeront au 3ème kilomètre, atteint en 9 minutes, Pierre contrôle la course, il est facile, il attaquera au 12ème kilomètre, pour s’en aller seul vers la victoire, devant le champion d’Allemagne SPOETEL, 59’ au 20ème kilomètre, 1 h 15’11" record de l’épreuve, avec une bonne minute d’avance sur son second. J’entre à mon tour sur la piste du stade olympique de BERLIN devant 30000 spectateurs debout, je suis 21ème en 1 h 23’ , après avoir bien géré mon départ suicidaire, mais Pierre avait bien gagné.
Pierre LEVISSE sera encore champion de FRANCE de cross en 1985 à CRETEIL, puis en 1986 à ANGERS, une nouvelle fois premier français au mondial de LISBONNE, 9ème , avec une aussi belle course qu’à NEW YORK, Carlos LOPES à nouveau champion du monde devant son public, j’étais une nouvelle fois invité, sur le terrain, j’avais admiré la course pieds nus de Zola BUDD, championne du monde avec une facilité incroyable, 200 m devant Ingrid CHRISTIANSEN. Pierre a remporté de nombreuses courses classiques, tels les 20 km de PARIS, PARIS VERSAILLES, sa carrière est exemplaire, c’est le meilleur crossman français de tous les temps, son nombre impressionnant de podiums au NATIONAL de cross, ne laisse aucune chance à un français de le dépasser un jour, c’est quasiment impossible.
Pierre sera une nouvelle fois sur 10000 mètres à STOKHOLM, pour un magnifique 27’50", ma mission s’arrête là, Pierre étant sollicité par le docteur STEPHAN du RCF, avec qui j’entretenais d’excellentes relations, mais je ne souhaitais pas constituer une équipe de 3, Pierre restant mon ami, il poursuivra sa carrière en vétéran, devenant champion du monde de cross et quasiment invaincu pendant une année de courses aux ETATS UNIS, avec un 29’ sur 10 km, record de FRANCE vétérans. Pierre courait encore le 1/2 marathon en 1 h 11’ à 50 ans, son fils Emmanuel suit ses traces, il est minime, avec de sacrés qualités comme son père, ainsi que du caractère, ce qu’il faut pour réussir une belle carrière.
Ce chapitre consacré à Pierre LEVISSE, est un extrait d’un livre que j’avais écrit, il y a quelques années, mais qui est resté une archive personnelle dans laquelle je peux puiser.

CHAPITRE 15 : anecdotes sur des champions

CHAPITRE 15 : anecdotes sur des champions

MES ANECDOTES DEPUIS 45 ANNEES PASSEES SUR LES TERRAINS.
Depuis 45 ans, j’ai effectivement quelques anecdotes à raconter, je vais rassembler mes souvenirs et vous faire part des meilleurs épisodes concernant la course à pied.
Il est vrai que j’ai vécu de grands moments que j’ai partagé avec de grands champions, cela va me permettre de vous présenter ces champions, un par un, en vous racontant une anecdote les concernant, mais qui me concerne également.
1). Emil PUTTEMANS ancien recordman du monde du 5000 m en 13’13", multi vainqueur du cross international de VANVES.
Nous étions à l’échauffement avant le cross de THIAIS, Emil revenait de blessure, il me confie qu’il n’est pas très bien, loin de sa forme, il me dit qu’il n’est pas du tout certain de me devancer aujourd’hui, alors qu’il détient le record du monde du 5000 m et que je suis à 1’07" de lui, sur cette distance, je suis très surpris par son humilité, il envisage simplement de faire la course à mes côtés, ce qui en fait m’arrange bien. Nous partons effectivement ensemble, Emil se contentant de me relayer gentiment, le trou est très vite fait, pas de soucis pour nous, j’assure le train, le champion belge est évidemment très à l’aise, mais je n’amuse pas le terrain, une compétition n’est pas un entraînement. Après la mi course, dans la côte, Emil accélère, je vois qu’il veut se tester un peu, qu’il retrouve un peu d’ambition, je résiste mais pas pour longtemps, et puis c’est tellement logique, je le laisse s’envoler vers la victoire, je suis 2ème à une centaine de mètres, ce qui est très satisfaisant pour moi, mais quelle surprise à l’arrivée de constater qu’ Emil PUTTEMANS courait en fait sans dossard, hors compétition, je suis déclaré vainqueur officiel du cross de THIAIS, mais j’ai surtout vécu un grand moment d’amitié.
2).Joseph MAHMOUD et Radhouane BOUSTER, le premier vice champion olympique de 3000 m steeple à LOS ANGELES, le second vainqueur de la célèbre corrida de SAO PAOLO et du cross de VANVES devant Henry RONO.
C’était au cross de GIF sur YVETTE, nous sommes sur la ligne de départ, mais nos 2 champions qui étaient invités ne sont pas présents, le départ est néanmoins donné sans eux. Après 1 kilomètre de course, une petite boucle a été effectuée, nos 2 champions qui avaient donc raté le départ, viennent se placer en tête de la course en ma compagnie, ainsi que deux Nord Coréens invités eux aussi. Nous sommes 5 à nous détacher, je reste au contact de joseph et Radhouane et nous lâchons les 2 coréens, peu avant l’arrivée, je suis obligé de laisser filer nos 2 champions, mais au lieu de s’orienter vers la ligne d’arrivée, ils continuent sur le parcours en boucle, probablement parce qu’il leur manquait la première petite boucle, mais comme j’avais accompli le parcours intégralement, j’arrive logiquement premier sur la ligne d’arrivée à la stupéfaction générale. "Mais’ dit l’officiel : "vous ne pouvez pas être le vainqueur ? ", ah bon, lui dis je, depuis quand celui qui franchit le premier la ligne d’arrivée, n’est pas le vainqueur ? MAHMOUD et BOUSTER courent encore, ils n’ont donc pas gagné, l’imbroglio d’après course ne manquait pas de saveur, mais j’ai bel et bien été déclaré vainqueur officiel de ce cross.
3). Henry RONO, quadruple recordman du monde sur 3000 m, 3000 m steeple, 5000 m et 10000 m.
A l’époque je faisais partie du comité d’organisation du cross international de VANVES, je m’occupais de l’accueil des champions, et j’ai donc accompagné le champion durant 3 jours, l’avant veille du cross nous avons couru ensemble sur la piste en cendrée, dans un brouillard à couper au couteau, une voiture nous accompagnait, et ma caméra a immortalisé des images fabuleuses de ce footing entre 14 et 20 km/heure progressif. Le lendemain veille du cross, nous nous retrouvons sur le stade à jouer comme des gamins au football, sur la pelouse , là aussi des photos sont prises par un professionnel, ces documents sont précieux, Henry remporte le cross le lendemain, devant LOPES, MOORCROFT, BOUSTER, BLACK, LEVISSE est 6ème, PUTTEMANS 12ème, je suis 38ème.
4). Michel JAZY, vice champion olympique du 1500 m à ROME en 1960.
J’ai eu l’idée d’écrire à Michel JAZY, alors que j’étais un débutant, je suis resté 6 mois sans réponse à mon courrier, mais un jour, Michel m’a répondu, me conviant à l’un de ses entraînements en face de l’institut national des sports dans le bois de Vincennes. J’ai donc fais sa connaissance durant un footing tranquille, et comme j’étais un ancien footballeur, il m’invite à aller taper dans le ballon après notre séance, je fais ainsi la connaissance de Monsieur Raymond Marcillac, de Thierry Rolland, et d’anciens champions de divers sports, comme jean pierre BELTOISE, le champion de FRANCE de lancer de poids COLNARD, et d’un ancien champion olympique d’aviron, je me retrouve sélectionné dans l’équipe des "va nus pieds" qui va rencontrer l’équipe de GIENS, la semaine prochaine, j’étais bien évidemment très heureux de cette marque de confiance, j’avais dû être bon durant cette petite demi heure de football. Une semaine plus tard, je suis à GIENS, je joue aux côtés de Michel, j’ai l’occasion de lui faire les 2 passes décisives, il marque les 2 buts des VA NUS PIEDS, nous faisons match nul, le soir je suis invité au restaurant par Michel, le tapis rouge est déroulé, signature du livre d’or, un super diner, une journée inoubliable. Quelques semaines plus tard, j’ai le grand plaisir de devancer Michel, à l’arrivée du cross international de PONTIVY, ce sera la seule fois de ma carrière, Michel m’avait battu la semaine précédente au cross de MEUDON, nous avions couru côte à côte toute la course.
5). SOPHIE MARCEAU la jeune vedette de LA BOUM et SAID SKOUMA, champion d’EUROPE de boxe.
Lors d’un entraînement dans le parc de l’héliport, près de l’aquaboulevard de PARIS 15ème, quelle ne fut pas ma surprise de croiser Sophie MARCEAU qui faisait son jogging avec Saïd SKOUMA, le champion de FRANCE de boxe, je me suis tout naturellement présenté à eux afin de partager leur entraînement et nous avons sympathisé, nous donnant rendez vous pour le lendemain matin. Durant 3 mois, je me suis occupé de la préparation physique de Saïd, qui remportera son championnat d’EUROPE, et Sophie qui aimait beaucoup courir se joignait à nous pour les footings, nous avons beaucoup échangé durant cette période, mais Sophie a ensuite déménagé et je l’ai perdue du vue, tout comme notre champion de boxe. Je garde naturellement un très beau souvenir de Sophie MARCEAU, elle est devenue une très jolie femme ainsi qu’une actrice talentueuse.
6). PAULA RADCLIFFE, recordwoman du monde de marathon.
J’organise des stages de 1/2 fond à FONT ROMEU, depuis plusieurs années, nous devions fatalement rencontrer la championne de marathon, ce qui fut chose faite, un matin, nous retrouvant au même endroit, au même instant. Comme j’avais dans mon club, une anglaise d’un excellent niveau qui connaissait bien Paula, Kathy SKORUPSKA , le contact fut facilité, Paula a accepté d’être photographiée en notre compagnie, et nous avons discuter un bon moment. Depuis, nous avons eu plusieurs conversations avec notre grande championne, nous avons pû la filmer lors de ses entraînements à 2100 m d’altitude, et nous l’avons récemment rencontrée à Font Romeu, sur une terrasse de café, avec sa petite fille , Paula espérait bien revenir sur marathon pour les J.O. de PEKIN, mais il n’en a rien été, une blessure l’empêchant de participer, mais Paula est une battante, elle veut poursuivre sa carrière jusqu’en 2012 , chez elle à LONDRES.
7). JOSEPH MAHMOUD, vice champion olympique de 3000 m steeple en 1984.
J’ai participé à mon premier stage national avec les meilleurs coureurs de 1/2 fond français, dont les meilleurs juniors, avec qui je jouais au football sur la plage de la Palmyre, pouvais je me douter en 1972, que ce junior qui courait à mes côtés, allait devenir vice champion olympique à LOS ANGELES, 12 années plus tard, il s’appelait Joseph MAHMOUD. Durant cette semaine de stage, j’ai couru avec Jacky BOXBERGER, Jean WADOUX, Jean Paul VILLAIN, et tous mes copains du 3000 m steeple. De 1972 à 1974, Joseph aura parcouru tous les échelons, progressant année après année, pour passer de 9’ à 8’07" record d’EUROPE du 3000 m steeple, j’ai souvent couru avec lui, sur piste et en cross,
8). JACKY BOXBERGER, une fin tragique.
J’ai bien connu Jacky BOXBERGER, avec qui je terminais certains footings progressifs en forêt de la PALMYRE en 1972, toujours lors du stage national, c’était sur une boucle de 2 kilomètres, et nous accélérions à chaque passage, 14 km/heure pour commencer, puis 15, 16, 17, 18, à cette vitesse, il y avait déjà de nombreux coureurs qui renonçaient, à 19 km/h nous n’étions plus que 3 ou 4 à résister, Jacky se contentait de contrôler l’ultime accélération, lorsque je lâchais prise, il continuait sur quelques centaines de mètres avant de ralentir à son tour, c’était un entraînement vraiment spécial, il fallait avoir envie de se faire mal. Lors d’un rassemblement général, pour parler technique de l’entraînement, les cadres expliquaient comment se motiver davantage, s’investir pour avoir de meilleurs résultats au niveau international, le débat s’éternisait un peu, Jacky s’est levé subitement, un peu agacé, en lançant à la cantonade : "et si on parlait fric, ce ne serait pas mieux ? ", en fait Jacky voulait indiquer aux cadres nationaux, que tous ces discours étaient bien beaux, mais que sans argent, ni vrai professionnalisme, il ne servait pas à grand chose de discuter, un coureur de haut niveau doit se consacrer à sa carrière, et il doit avoir de quoi vivre, s’il n’y a rien à gagner, pourquoi sacrifier sa vie ? tel était le grand Jacky, 6ème des jeux olympiques sur 1500 m , alors qu’il n’était que junior, plusieurs fois champion de FRANCE sur piste et en cross, 2 h 10’ au marathon, un vrai coureur polyvalent. J’ai devancé Jacky, lors d’un championnat de FRANCE de cross , c’était à Montgeron, je termine 36ème, et lui quelques places plus loin, victime d’un sérieux point de côté, alors qu’il faisait la course dans le peloton de tête. Jacky connu une fin tragique lors d’un safari au KENYA, chargé par un éléphant qu’il voulait photographier, il ne s’est pas méfié, le mastodonte l’a piétiné puis envoyé contre un arbre, je pense assez souvent à lui, il était un grand adversaire et ami de Pierre LEVISSE, un grand champion français.
9). COLETTE BESSON, championne olympique du 400 mètres.
Le 9 mars 1997, mon jeune fils Didier et moi, sommes au départ de la course du coeur, sur la place du Trocadéro, pour le prologue, c’est notre seconde participation à cette épreuve qui doit nous conduire de PARIS à la station de LA PLAGNE, Colette BESSON, la championne olympique de MEXICO sur 400 mètres, fait partie de l’équipe de l’EDF, elle était très motivée, prenant un grand plaisir à parcourir de longues distances, un peu inhabituelle pour elle, bien qu’ayant déjà couru un marathon, plusieurs étapes comprises entre 10 et 20 kilomètres, avec des spéciales en relais et des courses nocturnes. Colette avait une condition physique excellente, elle a pris énormément de plaisir sur cette épreuve avec des arrivées dans des châteaux, des parcours magnifiques dans les vignobles et une arrivée à LA PLAGNE, où nous nous sommes retrouvés main dans la main pour franchir la ligne d’arrivée, dans une ambiance festive après 5 jours passés sur les routes de FRANCE. Un excellent souvenir pour moi, Colette a été une grande championne, sa disparition comme celle de Jacky BOXBERGER, m’a beaucoup attristé, mais les souvenirs demeurent...
10). JEAN WADOUX, recordman d’EUROPE du 1500 mètres.
Jean Wadoux, était à table à côté de moi, lors du stage de LA PALMYRE près de ROYAN, en 1972, j’ai souvent couru avec lui, notamment lors de sa victoire au cross de VANVES en 1970, je prenais une belle 6ème place devant le champion de Suisse DOESEGGER. Jean remportera le cross du FIGARO, le championnat d’île de FRANCE, il courait sous les couleurs du Racing club de FRANCE, avec mon ami Jean Michel ADAM, international sur 1500 m dont le record était à 3’42", le RCF était de tous les championnats de FRANCE de relais 4 x 1500 m, avec Jean WADOUX comme ultime relayeur, mais lors d’une finale, alors qu’il s’apprêtait à prendre le dernier relais, son co équipier, s’effondrait à 100 mètres de la fin de son 1500 m, à la stupéfaction générale, Jean n’est donc jamais parti, ce jour là, son co- équipier étant décédé durant son sprint final. J’ai rencontré Jean, après sa fin de carrière, en forêt du Touquet, où j’organise des stages à Pâques, nous avons fait un footing ensemble, il n’avait pas changé, toujours aussi svelte, mais pour lui, la compétition faisait partie du passé, juste de l’entretien pour le plaisir.
11). NOEL TIJOU, multiple champion de FRANCE de cross.
J’ai bien évidemment beaucoup couru avec Noël TIJOU, des cross du FIGARO, des championnats de FRANCE, il a marqué toute une génération de coureurs, chez les seniors puis dans la catégorie des vétérans, à CRETEIL en 1985, je suis parti avec lui durant le premier kilomètre, il sera une nouvelle fois champion de FRANCE devant Jean LEVAILLANT, Fernand KOLBECK, Jean Yves LE FLOHIC, tous anciens internationaux, je prenais une belle 8ème place pour mon premier NATIONAL dans la catégorie des anciens, après avoir été champion d’île de FRANCE sur le parcours de Fontainebleau. J’ai encore beaucoup couru avec Noel, par la suite, notamment lors de championnats de FRANCE réservé aux entreprises, ou encore lors de la corrida de NANCY, sur 8 km où je me classe 5ème, derrière Antoine BOROWSKI, Fernand KOLBECK, Noël TIJOU 3ème et Jean Pierre EUDIER 4ème, cette année là, je réalise encore 31’07" sur 10000 mètres, meilleure performance française des plus de 40 ans.
12). KHALID SKAH, recordman des victoires à la corrida de HOUILLES.
La corrida de Houilles était quasiment tous les ans, à mon programme de compétitions, cette épreuve m’a permis de côtoyer les plus grands champions. En 1974, c’est le polonais Borislaw MALINOWSKI qui l’emporte devant BOXBERGER, TIJOU et TAGG, je suis 11ème. En 1975, à nouveau 11ème, cette fois c’est le recordman du monde de l’heure, Jos HERMANS qui s’adjuge la victoire devant Carlos LOPES, KACEMI et BOUSTER. Par la suite le champion marocain KHALID SKAH, remporte 7 fois cette course de fin d’année, notamment en 1990, où je prends encore une belle 37ème place (1er vétéran). KHALID SKAH a été un excellent coureur de 10000 m, il est monté sur le podium des championnats du monde de cross, il était polyvalent.
13). JOHN N’GUGI, 5 fois champion du monde de cross.
John est venu courir le cross de Vanves, il n’a pas brillé, pas plus qu’à la corrida de Houilles fin décembre 1995, où il ne s’est classé qu’à la 14ème place, je termine 56ème, les 9600 m en 32’01" soit encore à 18 km/heure, à 50 ans, 44" devant mon fils Didier qui avait 18 ans. John N’GUGI pouvait être hors de forme en décembre, avec des kilos superflus, finir au delà de la 60ème place lors des championnats du KENYA en février, et caracoler tout seul en tête du mondial en mars, ce qui posait vraiment quelques interrogations, d’ailleurs le jour où la fédération internationale a voulu lui faire un contrôle anti- dopage, notre champion du monde s’est enfui dans la brousse, refusant ce contrôle inopiné, il a logiquement été disqualifié, on a plus revu N’GUGI par la suite.
14). JEAN PAUL VILLAIN, champion d’EUROPE de 3000 m steeple.
j’ai couru de nombreux 3000 m steeple avec Jean Paul, d’ailleurs lors de mon premier championnat de FRANCE en 1968 à COLOMBES, j’ai eu l’honneur de courir plus d’un kilomètre en tête, devant Guy TEXEREAU et Jean Paul VILLAIN qui était 1er et 2ème de ce national, en 8’45’6 et 8’46", je prenais une magnifique 7ème place en 9’10"8. En 1971, toujours à Colombes, je réalise le meilleur chrono de ma carrière, en 1/2 finale, 4ème VILLAIN en 8’52"6, je suis 5ème en 8’54", Marc MASSELOT qui était au coude à coude avec moi, sur la dernière rivière, se retrouve le nez dans la flotte, et ne parvient pas à se qualifier pour la finale. 48 heures plus tard, je mène la finale, sans complexe, je passe en 4’18" à mi course, ce qui était de la folie, mais j’étais bien, j’ai fait illusion, avant de rétrograder pour ne prendre qu’une honorable 8ème place en 8’56"2 devant GERAUDIE et SOUBITEZ deux internationaux. Ce jour là, Jean Paul VILLAIN s’offre le record de FRANCE en 8’27" devant Gérard BUCHEIT 8’38", DELALANDRE, MONNERAIS, mon homonyme Patrick MARTIN, PAPE et BOMBLED. Jean Paul VILLAIN deviendra champion d’Europe sur 3000 m steeple, en étant à la dérive à 800 mètres de l’arrivée, perdant près de 50 mètres sur la tête, mais avec un dernier tour incroyable, où il a refait son retard, 10 m par 10 m, pour s’envoler vers le titre sur la dernière rivière, ce dernier 400 mètres est resté dans les souvenirs, c’était du jamais vu.
15). ALAIN MIMOUN , champion olympique du marathon à MELBOURNE en 1956.
J’ai eu l’occasion de courir à Vincennes avec Alain et Michel JAZY, mon premier 20 km sur piste sur la piste en plein air de l’INS, Alain remportant cette course, je termine en 1 h 13’ alors que je venais de débuter. En 1971, je suis 13ème du championnat d’ile de France de cross, puis 17ème au cross de CHARTRES, devant Alain, ce qui pour moi était un exploit, d’autant que quelques jours plus tard, au NATIONAL de cross d’ AIR sur ADOUR, notre champion olympique se classe encore 24ème, alors que je suis 39ème à 3 minutes du vainqueur Noël TIJOU, mon ami Serge BOSSY est 17ème. Alain MIMOUN avait encore dépassé les 18 km dans l’heure à l’âge de 50 ans, aujourd’hui il court encore, quasiment chaque jour, il est un exemple de longévité.
16). BRAHIM ASLOUM et JEAN LUC DELARUE.
Un jour de janvier 2006, le 25 plus précisément, je reçois un coup de fil du secrétariat de Jean Luc DELARUE, me demandant si j’étais disponible pour devenir le coach personnel du célèbre animateur de télévision, afin de le préparer pour le marathon de PARIS, sur une période de 2 mois, rendez vous était fixé au 2 février, pour un entretien de plus d’une heure, afin de cibler nos objectifs, premier entraînement le 5 février, au bois de Boulogne, nous avons tout de suite sympathisé, et dès notre 3ème séance, nous parcourions 2 heures dans le parc SAINT CLOUD. Jean Luc était très motivé pour son premier marathon à 42 ans, les sorties longues de plus de 2 heures, ne lui faisaient pas peur et le 3 mars, mon fils Didier l’accompagnait sur le 1/2 marathon de PARIS, couru en 2 h 18’. Le 19 mars, c’était à moi, de coacher Jean Luc pour son second 1/2 marathon, celui du val de marne, record amélioré, en 2 h 10’10". Le 26 mars, une dernière sortie longue de 2 h 45’ toujours dans le parc de SAINT CLOUD, et la fameuse montée de la brosse. Le 9 avril, nous étions bien au départ du marathon de PARIS, course régulière, prudente, sans aucun problème, pas de mur au 30ème kilomètre, et la satisfaction de voir le chalet du lac du bois de Boulogne, pour les 2 derniers kilomètres avec un chrono sous les 5 heures, 4 h 58’ qui était l’objectif fixé lors de notre premier contact, Jean Luc pouvait apprécier l’instant du franchissement de la ligne d’arrivée, nous avions remporté notre challenge, avant de passer une magnifique soirée dans un bon restaurant parisien, avec une vingtaine d’amis et parents. En 2008, nous avons couru PARIS VERSAILLES, nous devions aussi faire les 20 km de PARIS en compagnie du champion olympique de boxe Brahim ASLOUM, qui est aussi un ami de Jean Luc, malheureusement forfait de dernière minute, Jean Luc était malade, j’ai donc couru avec Brahim, un 20 km progressif, car il n’avait jamais couru une telle distance, nous sommes parti à 10 km/heure pour finir à 14 km/heure, 1 h 46’24" au final, notre champion était ravi, nous avons eu le temps de discuter avant et après la course, un peu moins durant les 10 derniers kilomètres rondement menés.
17). MARIE JOSE PEREC, championne olympique sur 200 m et 400 m.
Marie José était notre voisine à VANVES, elle habitait un logement qui donnait sur le parc F. PIC, là où je faisais mes footings, nous nous sommes donc fatalement rencontrés, nous avons couru ensemble et discuté longuement, Marie Jo envisageait même de monter sur 800 mètres, auquel cas j’avais l’opportunité de devenir son coach pour mieux aborder cette distance, malheureusement il y a eu SYDNEY, et ce qui s’est passé a marqué la fin de sa carrière, plus question de 800 mètres, et pourtant ses tests sur 600 mètres étaient intéressants, très nettement en dessous des 1’30", ce qui pouvait laisser entrevoir la possibilité de courir sous les 2 minutes sans grande difficulté, avec un entraînement plus orienté vers le 800 mètres. Mais après SYDNEY, Marie José n’a plus souhaité poursuivre sa carrière, elle a été trop marquée par ce faux pas australien, sa rivale kathy FREEMAN lui a succédé au palmarès olympique du 400 mètres, elle a bien tenté un retour pour le mondial , mais les blessures l’en ont empêché. Marie José aura couru le 400 m en 48"25, ce qui demeure encore en 2009, un chrono au top niveau mondial, le record du monde restant la possession de Marita KOCH en 47"60, probablement pour longtemps encore...

CHAPITRE 16 : les jeux de course

CHAPITRE 16 : les jeux de course

LE "FARTLEK" OU JEU DE COURSE.
L’endurance est une qualité qu’il faut développer en priorité, mais si on veut progresser et connaître ses limites, il est indispensable de courir sur des allures variées qui appartiennent au domaine de la résistance, qu’elle soit "douce" ou "dure", cela va de l’endurance active dont votre allure marathon, à la vitesse en passant par votre VMA. Bien sûr, ce travail de résistance peut se faire sur une piste d’athlétisme, mais il est tout à fait possible de le pratiquer en nature, sans codification, il suffit de courir sur des vitesses variées, avec des accélérations plus ou moins longues et rapides, à l’instinct, selon votre envie et votre plaisir, et croyez moi, cette séance peut être aussi efficace, peut être même davantage.
Ce sont les suédois qui ont beaucoup pratiqué cette méthode préconisée par G. OLANDER, un centre d’entraînement a été créé à VOLODALEN, Michel JAZY a participé à plusieurs stages qui lui ont toujours été bénéfiques, il y préparait ses tentatives contre les différents records du monde qu’il a battu, durant sa carrière. Cette méthode naturelle et instinctive, permet de courir sur toutes les allures, elle est bien plus distrayante que de faire du "fractionné" sur une piste, en tout cas ça change et c’est bon pour le moral.
Le fartlek est aussi la meilleure façon, pour un débutant, de s’initier au "fractionné", sans trop de contrainte, et surtout sans l’obligation d’aller courir sur une piste d’athlétisme, souvent réservée aux adhérents des clubs pendant leurs créneaux horaires. On peut faire des accélérations variées, sur tous les terrains, en côte, en descente, prendre le temps qu’il convient pour récupérer, changer de rythme, un sprint court, une accélération longue ou progressive, tout est envisageable, c’est un véritable jeu de course, et on y prend beaucoup de plaisir.
Cette sortie en nature peut durer une heure, 1 h 15’ ou 1 h 30’, pas davantage, car au delà d’ 1 h 30’, il est préférable de se concentrer sur l’endurance et l’allure marathon, il ne faut pas mélanger les genres, déjà 1 h 30’ c’est beaucoup, avec 30 minutes d’échauffement et 15’ de footing de récupération, cela fait tout de même 3/4 d’heure de travail de changement d’allures, de quoi bien dormir la nuit suivante.
Si vous êtes débutant, 15 minutes d’accélérations variées seront suffisantes, sous forme de 30", 45" ou 1 minute à vive allure, et une récupération équivalente en marchant, vous ne devez pas perdre le contrôle de votre souffle, ce sont des accélérations et non des sprints, il vous faut surtout rechercher le plaisir, en vous concentrant sur votre technique plus que sur votre vitesse, vous avez bien le temps de vous habituer à cet aspect de la course, vous allez solliciter davantage votre coeur et vos muscles, progressivement et sans risque de vous blesser, si vous savez rester raisonnable et patient, rien ne se fait bien, dans la précipitation, tout doit être progressif, d’abord des fondations solides, ensuite on construit quelque chose d’encore plus solide et qui va durer longtemps.
Les plus grands champions pratiquent le fartlek, c’est incorporé dans leurs sorties en endurance, ils varient leurs allures, qu’ils soient en groupe ou non, cela permet de rompre la monotonie d’un footing, et de remplacer une séance sur piste, lorsque l’envie n’y est pas, car parfois il arrive de se sentir saturé du travail trop codifié, chronométré au dizième de seconde. Il est bon de se changer l’esprit, de ne pas avoir à comparer avec d’autres séances, de se sentir libéré des contraintes, ce qui n’empêche pas de courir vite et bien, et de revenir sur la piste ultérieurement.
J’ai eu l’occasion de faire des séances de fartlek, avec Pierre LEVISSE en forêt de Meudon, nos accélérations variaient entre 16 et 20 km/heure, pour des durées allant de 2 à 5 minutes, au total une bonne dizaine de séquences à allures progressives, chacun à son niveau, il ne s’agit pas de se sacrifier, l’un au bénéfice de l’autre, il vaut mieux rester sur sa valeur et ne pas se mettre dans le rouge.
UN EXEMPLE DE SEANCE DE FARTLEK.
Après un échauffement de 20 à 30 minutes en endurance fondamentale, on peut se lancer dans une première accélération très progressive de 6 minutes, vous débuterez sur votre allure marathon, entre 80 et 85 % de votre FCM, durant 2 minutes, puis 2 minutes sur votre allure 1/2 marathon soit 1 km/heure plus vite, et enfin sur votre allure 10 km pour les 2 dernières minutes, ensuite vous récupérez durant 3 minutes en endurance. Votre seconde accélération sera plus rapide, 2 minutes sur votre allure 5 km, et récupération 2 minutes très lentement, votre 3ème accélération sera sur 3 minutes à votre allure 10 km, récupération 3 minutes au trot, ensuite un 4ème changement de rythme sur une minute très rapide, au niveau de votre VMA, pour récupérer sur 5 minutes en endurance fondamentale. Votre 5ème accélération sera à nouveau sur votre allure 1/2 marathon soit à 85/90 % de votre FCM , pour une durée de 4 minutes, récupération 4 minutes très lentement, une 6ème et dernière accélération sur 3 minutes à votre allure 10 km, entre 90 et 95 % de votre FCM sur la fin. Vous aurez ainsi couru 18 minutes entre votre allure VMA et marathon, c’est une séance courte et agréable. Une séance moyenne sera comprise entre 24 minutes et 30 minutes pour 8 accélérations variées, toujours entre rythme marathon et VMA. Une séance plus longue, pourra totaliser 40 à 45 minutes pour une douzaine d’accélérations variées, dans le cadre d’une préparation marathon, ce sera une bonne séance qui vous permettra d’oublier la rigueur et la monotonie de la piste.
FARTLEK SUR PISTE OU PELOUSE.
Il m’arrive assez souvent d’improviser une séance qui combine de l’endurance active et de la résistance, lorsque je n’ai pas envie de me "farcir" une séance sur piste trop rigide qui risque de m’être néfaste plutôt que profitable, c’est ainsi, il y a des jours où on a besoin de plus de liberté, mais il faut tout de même s’entraîner avec sérieux, et comme l’appétit vient en mangeant, il s’agit de ne pas se poser de questions, et de partir sur des bases raisonnables afin de constater comment réagit notre organisme.
Généralement, je débute par une accélération progressive sur pelouse, sur une allure confortable, avec de bonnes sensations, peu importe ma vitesse, l’important étant de pouvoir et surtout avoir l’envie d’accélérer au fur et à mesure, cela peut aller de 13 km/heure à 15 km/heure, sur 2000 m ou 3000 m et même 5000 m, c’est selon la motivation qui se met en place au fil des tours. Ensuite, je peux courir plus vite, sur des fractions variées, cela peut être 1000 m, puis 500 m, puis 200 m, de plus en plus vite puisque la distance diminue. Comme les sensations sont devenues bonnes, je peux ensuite enchaîner sur un 3000 m ou un 2000 m progressif sur piste, avec un excellent dernier tour, et pour finir cette séance totalement improvisée, je vais courir sur pelouse en récupération , mais sur une allure correspondant à mon allure 1/2 marathon, pour terminer sur mon allure 10 km, sans forcer outre mesure, mais toujours très concentré sur mes sensations, cela peut être un 1500 m, un 2000 m ou un 3000 m. Au total, j’ai parcouru entre 8 et 12 km à des allures variées, sur piste et sur pelouse, entre 13 et 18 km/heure, parfois plus vite, jusqu’à 20 km/heure, sur 200 m par exemple.
Ce genre de séance remplace efficacement une séance prévue, du genre 6 x 1000 m avec 200 m de récupération en footing ou 4 x 2000 m à votre allure 10 km (récupération 400 m footing), bien entendu, il ne faut pas non plus, refuser de faire les séances codifiées, elles sont nécessaires aussi pour cultiver le mental, car on ne peut pas toujours choisir la solution de facilité, il faut savoir varier ses plaisirs, certes, mais avoir également un peu de rigueur et de volonté, c’est utile pour atteindre ses objectifs.
L’avantage du fartlek en nature, c’est bien évidemment de pouvoir courir sur des sols variés, avec du dénivelé, ce qui rompt avec la monotonie d’une piste, profiter d’une côte ou d’une descente pour produire une accélération, rend une séance de résistance beaucoup plus attrayante, l’effort musculaire et cardiovasculaire est comparable, mais le cadre est autrement plus motivant, il n’y a aucune raison de se priver de ce plaisir que nous donne la nature, la piste oui, mais les parcours en forêt, c’est encore mieux pour préparer un marathon ou un 1/2 marathon, à plus forte raison pour un trail, ou un 100 kilomètre.

P.-S.

à suivre...

CHAPITRE 17 : les féminines du VRC92

CHAPITRE 17 : les féminines du VRC92

Les coureuses féminines du V.R.C. 92 depuis 1992.
J’ai fondé le VANVES RUN CLUB 92, début décembre 1992, avec Yvette, mon épouse, Sandrine ma fille, et mes 2 fils, Pascal et Didier, à l’origine nous étions bien un club familial, une douzaine d’adhérents en tout. Dès 1993, une anglaise allait propulser notre club vers une certaine notoriété en Ile de France, et sur le plan national, Déborah KAY, elle sera la pionnière, je vais passer en revue toutes celles qui suivront, c’est l’histoire du VRC92 au féminin.
Ce chapitre est entièrement consacré à nos coureuses féminines qui se sont illustrées au cours de ces 17 dernières années, elles ont porté très haut les couleurs du club que j’ai créé et animé, je leur rend un hommage qu’elles méritent amplement, en relatant leurs exploits.
Déborah KAY nous venait d’Angleterre, elle allait être notre première ambassadrice sur les courses parisiennes, son niveau était remarquable, elle remporte sa première victoire sous nos couleurs, à Gennevilliers, sur 10 km, elle est championne des Hauts de Seine, ensuite elle confirme son grand talent sur 1/2 marathon, à PARIS puis à MALAKOFF, les 2 fois en 1 h 22’, avant de préparer avec moi, le marathon de PARIS, son premier, lequel allait être magnifiquement réussi. Déborah avait été excellente tout au long de ses 8 semaines de préparation, j’avais fait les longues sorties avec elle, dans le bois de Boulogne, je l’accompagnais durant les 42 kilomètres, avec Stéphane DREVIN un autre VRCiste dévoué.
Nos temps de passage : 19’11" au 5 km, 38’43" au 10ème km, 58’17" au 15 km, 1 h 22’20" au 1/2 marathon, chrono qui améliorait son record du semi marathon de 10 secondes, c’est dire l’impression que nous faisait notre anglaise, concentrée et motivée sur son rythme très élevé. A cet instant, Déborah était tellement facile, que nous étions optimistes pour la suite, 1 h 37’38" au 25ème km, 1 h 57’28" au 30ème, toujours à 15 km/heure, même si nous avions ralenti légèrement l’allure, aucun problème pour boucler ce marathon en 2 h 47’35", c’est un magnifique record de club, qui tient encore aujourd’hui. Déborah restera avec nous, 3 saisons, elle remportera de nombreuses courses, avant de retourner vivre à Londres, où elle aura l’occasion de rencontrer Katie SKORUPSKA, qui viendra se joindre à nous, quelques années plus tard.
Yvette MARTIN était bien présente sur les courses des Hauts de Seine, notre fille Sandrine avait repris du service, pour courir sous nos couleurs, avec quelques podiums, à Morangis, Bourg la reine, et en revenant sur piste, sous les 2’30" sur 800 mètres, elle qui courait le 1200 m en 4’00" en benjamine , 1’20" sur 500 m en minime, puis 2’20" en cadette. Lisa BOULANGER est arrivée au club, alors qu’elle était benjamine, très douée, elle remportait de nombreuses victoires, sélectionnée dans l’équipe des Hauts de Seine, chaque année, jusqu’en minime, Lisa participait à nos stages au TOUQUET ainsi qu’à FONT ROMEU, elle a stoppé sa carrière pour privilégier ses études de droit pour devenir avocate, mais nous restons en contact en espérant la voir recourir un jour avec nous. Nadia GEKIERE, militaire de carrière, est restée plusieurs saisons au club, participant à nos différents stages.
Un jour en 1999, je reçois un coup de téléphone d’une charmante anglaise, qui nous était recommandée par Déborah KAY, après un petit interrogatoire, Katie SKORUPSKA qui venait de s’installer à PARIS, me précise ses références, 5ème des championnats d’Europe junior sur 5000 mètres, en dessous des 17 minutes, nous prenons rendez vous à l’héliport, sur notre piste S. Lenglen. Je vois donc arriver notre frêle écossaise, avec un magnifique sourire, et une grande envie de montrer ce qu’elle était capable de faire. Quelle impression de légèreté et d’efficacité, Katie était une championne, elle allait très vite le confirmer. Personne ne la connaissait le jour de sa première course avec le maillot du VRC92, c’était à BAGNEUX, pour le championnat des Hauts de Seine de cross, Katie est partie vite, très vite, pour faire la course loin devant ses concurrentes, impressionnante de facilité sur un parcours sélectif avec de nombreuses petites côtes, 300 mètres d’avance à l’arrivée, quel beau début.
Katie, allait rester 2 saisons avec nous, avant de retourner travailler à LONDRES, mais durant ces 2 années, elle a vraiment été exceptionnelle, en cross comme sur piste et sur route. Au cross international du Mans, elle termine dans le top 10, le niveau étant très relevé, pareil au cross de Tourcoing, elle confirme au cross de Louviers, en remportant une belle victoire devant des championnes russes, elle est championne des hauts de seine sur 5000 m, court les inter clubs sur 800 m et au relais 4 x 400 m, Katie vient aussi en stage au Touquet, remporte de nombreuses courses sur route, elle détient toujours le record des 10 km de Malakoff en 34’10", qui est évidemment le record du VRC92, victoire sur 15 km en 52’24" à Voisins le Bretonneux, devant une militaire du KENYA. Katie est 11ème du championnat du monde universitaire à IENA, son équipe d’Angleterre est 4ème, elle est également championne de grande bretagne universitaire sur 3000 m en salle à CARDIFF, 9’26"42 (dernier km en 3’01") nouveau record des championnats.
Championne des hauts de Seine sur 5000 m en 16’50"6, en vite lent vite, 3’11" + 3’31" + 3’12" + 3’45" + 3’11"6, c’est encore aujourd’hui le record du VRC92, Katie en a beaucoup. Nous espérons toujours la voir revenir un jour à PARIS, pour recourir avec nous.
Fabienne KISS, nous avait rejoint, et en cette année 2000, le VRC92 avait une solide équipe féminine, avec Katie SKORUPSKA, Florence DIDELON, Alexandra, Fanny ROGATIONS, Valérie SIMON, cette équipe se qualifiait pour le cross long du championnat d’ile de France. Fabienne avait couru le marathon en 3 h 15’, et le 10 km en 39’, elle a également beaucoup participé à faire connaître le VRC92 sur le plan féminin, avec participation au championnat de France de cross à Nantes. Marion BEGHELLI était une sprinter, à 20" sur 150 mètres minime, puis 13" sur 100 m.
Fin 2000, nous avons accueilli une canadienne licenciée au stade français, mais qui préférait s’entraîner avec le VRC92, Judith EL FASSY nous a ainsi accompagné, durant 2 saisons, remportant elle aussi, à 2 reprises le cross de Louviers, elle était au niveau de Katie SKORUPSKA, elles sont d’ailleurs venues toutes les 2, en stage au touquet, courant ensemble à la corrida d’Issy les Moulineaux sur 10 km, Judith réalisera avec nous, 4’17" sur 1500 m, elle se classera 16ème du national de cross à GRANDE SYNTHE. En mai 2001, nous présentions une équipe féminine à la ronde des 16 clochers, une équipe de 8 pour une belle 4ème place en 6 h 31’49" pour les 76 km du magnifique parcours, la victoire revenant à notre équipe masculine, qui l’a emporté 3 années consécutives, Agnès BONHOMME, Liliane COLLIN, Ruth ALLCOCK, Françoise ARIAS, Fabienne KISS, Yvette MARTIN, Fanny ROGATIONS et Lisa BOULANGER faisaient partie de cette équipe.
Au cours du mois d’Août 2001, une charmante et gracieuse jeune fille, courait sur la piste de l’héliport, je n’ai vraiment pas pu m’empêcher de l’aborder, afin de l’encourager à venir nous rejoindre, ainsi Laure LATOUR prenait une licence au VRC92, et le plus curieux, c’est que j’avais croisé Laure, quelques années auparavant, lors d’un championnat de France FSGT de cross près de Nantes, je me souvenais bien d’elle, et de sa 3ème place, Laure avait des qualités, et rapidement elle réalisait 40’ sur 10 km, 11ème du cross de Louviers remporté par Judith EL FASSY. Laure est 4ème en 2002, du championnat des Hauts de Seine de cross , le VRC92 remporte le titre par équipe, avec Nathalie RICHARD 6ème, Fabienne KISS 8ème et Valérie GAILLARDOU 17ème, au régional Laure est 24ème , l’équipe 4ème . Au championnat d’ile de France, Laure manque la qualification pour 3 secondes, elle termine 32ème, l’équipe est 7ème.
Aux inter clubs 2002, Katia MAUGUIN court le 200 m en 30"62, elle lance également le javelot et participe au relais 4 x 100 m avec Marion, Fanny et Yvette, Katia deviendra madame Didier MARTIN. Fin 2002, Patrizia GIRON RUSSO, nous a rejoint, elle est rapidement en 40’12" au 10 km de VINCENNES, améliorant son record d’une minute, elle est 5ème du cross court des hauts de Seine, devant Fanny 7ème, Patrizia pulvérise son record sur 1/2 marathon, de 4 minutes, 1 h 28’38" à Corbeil, en prenant une belle 4ème place. Severine BARBIER vient également d’arriver au club, elle est militaire à l’armée de l’air, 1 h 35’02" pour commencer sur 1/2 marathon à Corbeil. Cécile MARTIN qui était venue en stage à Font Romeu, se décide à signer au club, l’équipe féminine se renforce sérieusement, car Cécile réalise 1 h 31’35" à Corbeil également.
En 2004 et 2005, Patrizia GIRON progresse sur toutes les distances, elle sera 10ème du championnat de FRANCE de marathon à DUNKERQUE, son record sur marathon passera de 3 h 08’ à 3 h 00’44" à l’occasion du marathon de PARIS, sur 1/2 marathon ce sera 1 h 24’30" à Corbeil, elle sera avec Cécile MARTIN et Séverine BARBIER, 16ème au championnat de FRANCE des 10 km à TOURS, et à TAVERNY l’équipe filles remporte l’EKIDEN en 2 h 54’ et se qualifient pour les championnats de FRANCE, avec Séverine, Fanny, Valérie, Nathalie et Cécile. Séverine BARBIER, 28ème du championnat d’ile de France de cross à Franconville en 2005, se qualifie pour le NATIONAL de ROULLET, où elle fera 2 cross, 4ème en entreprise et 161ème ensuite, sur le cross court. Les filles seront 3ème du championnat régional à Clamart, 12ème Patrizia, 15ème Séverine, 22ème cécile et 36ème Barbara LEFORT LORILLON notre nouvelle recrue, ancienne excellente marcheuse devenue coureuse, qui va progresser durant les 4 années qui suivront. Cécile MARTIN améliore ses records personnels, 40’49" sur 10 km à CERGY, et 1 h 27’45" à Corbeil.
En 2005/2006, nos féminines remportent le relais du TREMBLAY en FRANCE, avec une équipe de 12, Sandrine DUFLOS une solide triathléte nous rejoint, ce qui va encore nous renforcer considérablement, Sandrine sera 4ème du cross long au championnat des hauts de seine, puis 27ème au championnat d’île de France à st Quentin, se qualifiant pour le NATIONAL de VICHY, où elle sera 163ème, dans le même chrono que son coach quelques instants plus tôt. L’équipe féminine du VRC92 sera 10ème du championnat de FRANCE d’EKIDEN à Choisy le roi, pulvérisant le record du club en 2 h 52’17", Vincianne CUSSOT, ancienne cadette de talent reprend du service avec nous, elle va très vite revenir à un excellent niveau. Sandrine DUFLOS continue d’obtenir de supers résultats, 9ème à la corrida de HOUILLES en 38’32" nouveau record personnel.
La saison de cross 2007, s’annonce bien, nos féminines sont championnes du 92 cross court, avec Vincianne CUSSOT 5ème, Sandrine DUFLOS 6ème, Aurélie HERISSON 10ème, Barbara LEFORT 11ème et Patrizia GIRON 12ème, elles seront 3èmes du régional à Poissy, et surtout 4èmes au championnat d’ile de France à COULOMMIERS, derrière le RCF, Neuilly Plaisance et Taverny, qualifiées pour le NATIONAL de LAVAL, pour la première fois de l’histoire du club en féminines concernant le cross. Sandrine DUFLOS est 13ème du championnat de FRANCE militaire. A Laval, nos filles seront 19èmes par équipe, Vincianne CUSSOT se classant à une très belle 68ème place, Nathalie QUESNOT qui s’entraîne avec nous, est 337ème du cross long, elle signera au VRC92 pour la saison suivante. Vincianne CUSSOT court son premier marathon à PARIS, en 3 h 19’’49", elle va courir sur piste, en 2’21"93 sur 800 m, et 4’52" sur 1500 m, améliorer son record sur 1/2 marathon au NATIONAL de LYON , 52ème en 1 h 27’37", et en fin d’année, elle portera son record du 10 km à 39’09" à la corrida de Houilles. Aurélie HERISSON va également faire des progrès remarquables, sur 10 km en 39’25" à Issy, sur 1500 m en 4’56"60, avant de briller en cross pour la saison en cours.
en 2009, le championnat des Hauts de Seine de cross avait lieu à Chaville, victoire pour nos féminines du cross court, et 2ème place au cross long, du jamais vu, 2 équipes féminines au VRC92, Vincianne est championne du 92 du cross court devant Heidi FREYTAG qui l’avait devancée au NATIONAL de LAVAL, Aurélie HERISSON est 3ème, Marie Caroline SAVELIEFF 4ème, Aurélie TAUPENAS 5ème, Marie DOHIN notre petite dernière recrue est 8ème. Au championnat régional à FRANCONVILLE, confirmation du niveau de Vincianne CUSSOT, qui remporte brillamment le titre, avec 100 mètres d’avance, nos filles échouent de 2 petits points pour le titre , devancées par FRANCONVILLE, Aurélie est 11ème, notre seconde Aurélie est 22ème, Marie DOHIN 26ème, mais elle va très vite progresser car elle possède un excellent potentiel comparable à celui de Vincianne en cadette. Sur le cross long, l’équipe se classe à une magnifique 5ème place, avec Barbara 35ème, Patrizia 37ème, Nathalie QUESNOT 46ème, qui revient petit à petit vers son meilleur niveau , 57ème et 20ème V1, Cécile MARTIN, 137ème Valérie GAILLARDOU.
Le VRC92 a vu passer plus d’une centaine de féminines depuis 17 saisons, cette année elles sont plus d’une vingtaine encore, le niveau collectif n’a jamais été aussi élevé, nos filles progressent, sont sérieuses et très motivées, nous espérons bien les emmener au NATIONAL d’AIX les bains en mars prochain, elles ont une grosse carte à jouer à CERGY PONTOISE sur le cross court, mais aussi sur le cross long, ces 2 belles équipes pouvant se classer parmi les 5 meilleures d’ile de France, sur cross court et long.
Ces championnats d’île de France sur le magnifique et très difficile parcours tracé à l’intérieur de la base de loisirs, ont confirmé nos prévisions, notre équipe féminine se qualifie pour le National d’AIX les bains, en devenant vice championne d’île de France derrière les intouchables filles de Franconville, mais devant St Quentin en Yvelines et Joinville. Notre équipe féminine de cross long se classe à la 11ème place, il est à noter que les 2 seuls clubs présentant 2 équipes à ce stade de la compétition, sont Saint Quentin et le VRC92.
Marie Caroline SAVELIEFF, licenciée à l’USM MALAKOFF, est avec nous depuis plus de 11 ans, elle a participé avec le VRC92 à quasiment tous nos stages, à FONT ROMEU, au TOUQUET et au MAROC, elle est adhérente du club depuis toutes ces années, elle progresse encore, s’offrant son premier marathon cette saison à NICE CANNES 8ème en 3 h 06’27", ses records : 1 h 24’ sur 1/2 marathon, 37’43" sur 10 km, elle a aussi couru sur 3000 m steeple, Marie Caroline est une battante, polyvalente, une parfaite équipière toujours à son maximum, 8ème du régional de cross court à Franconville, elle devrait se qualifier pour AIX les bains. Marie Caroline a confirmé à CERGY, en prenant une superbe 11ème place, juste derrière Heidi FREYTAG sa co-équipière à Malakoff, elles iront toutes les 2 au National d’AIX, complétant ainsi le bon bilan de la saison hivernale, des féminines que j’entraîne avec grand plaisir et satisfaction.
Je n’oublie pas mon épouse et secrétaire du club, Yvette, toujours prête à compléter une équipe, actuellement 2ème du challenge des Hauts de Seine des courses sur route, en V3, bon pied bon oeil, et 52’ sur 10 km, rappelons qu’Yvette possède un record sur marathon à 3 h 25’ (ROTTERDAM). Notre dernière recrue n’est autre qu’INDRA, chanteuse et actrice, actuellement au théâtre et qui va sortir un prochain album, elle vaut 40 minutes sur 10 km, 7ème des championnats du monde vétérans sur 10000 m piste en Italie en 2008, ses premières séances d’entraînement ont été excellentes, elle devrait bien débuter sous nos couleurs en 2009.

CHAPITRE 18 : Progresser sur plusieurs saisons

CHAPITRE 18 : Progresser sur plusieurs saisons

COMMENT ASSURER UNE PROGRESSION REGULIERE SUR PLUSIEURS ANNEES ?
Lorsque l’on est un compétiteur, on ne peut pas se contenter de son niveau acquit jusqu’à présent, on souhaite s’améliorer, on veut courir plus vite et obtenir de meilleurs résultats, battre ses records personnels, que ce soit sur une distance courte ou sur une distance plus longue, mais pour progresser il ne suffit pas de le vouloir, il faut avant tout savoir s’en donner les moyens, physiquement mais surtout psychologiquement, car les qualités mentales interviennent bien plus que certains ne le croient. Il faut d’abord être plus fort dans sa tête, plus sûr de soi et de sa force, ne pas douter, cultiver sa puissance mentale qui permet de soulever des montagnes, il faut donc chercher à progresser avec son esprit, le physique se mettra au diapason, tout deviendra plus facile, si l’ensemble fonctionne bien.
Ceux qui progressent avec régularité depuis plusieurs saisons, savent analyser le chemin qu’ils ont parcouru, ils se sont améliorés parce qu’ils se sont bien entraînés, avec motivation, ils ont franchis les différents paliers, un à un, mois après mois, améliorant leur VMA, en augmentant leurs seuils : aérobie et anaérobie , en parvenant à diminuer leurs pulsations cardiaques sur leurs allures intermédiaires, d’une part en améliorant leur endurance, mais également en améliorant leur vitesse et leur résistance.
Il faut plusieurs saisons pour atteindre son potentiel optimum, très souvent une progression s’étale sur 6 à 8 années, je ne parle pas du marathon, qui est bien à part, car on peut progresser au delà de ces 8 saisons, si je prend mon cas personnel, j’ai progressé de 1965 à 1973 sur les distances allant du 800 m au 20 km, et sur marathon, mon record absolu, date de 1980, soit 7 années après ma progression sur les autres distances plus courtes.
Il est évident que tous les champions, ont connu une élévation de leurs performances, durant 6 à 10 saisons, rarement au delà, car lorsque l’on a tout donné durant des années, on a fatalement atteint son "nirvana", personne ne peut progresser indéfiniment, courir toujours plus vite, nous avons tous une limite infranchissable, il est préférable de l’accepter, même si on peut espérer aller le plus loin possible, encore faut il s’en donner les moyens et surtout en avoir le potentiel.
Ce que l’on peut constater, c’est qu’un coureur motivé, volontaire, organisé, sachant bien ce qu’il veut, est tout à fait capable de s’améliorer, autant physiquement que psychiquement, il lui suffit de bien se situer par rapport à son niveau réel, de ne pas se surestimer, et de s’entraîner en fonction de sa VMA et de son coeur, qui sont les 2 principes essentiels, qu’il est indispensable de respecter pour ne pas commettre d’erreurs qui seront préjudiciables. S’entraîner juste, sans s’épuiser, avec motivation mais sans acharnement, avec progressivité, jamais au taquet avant de s’écrouler pendant une séance, au contraire, terminer sur une impression de puissance, d’avoir maîtrisé l’ensemble de ses efforts, c’est ainsi que l’on peut progresser harmonieusement, et certainement pas en s’infligeant une véritable punition, en étant en souffrance, ce n’est pas cela, un bon entraînement.
Il est indispensable de conserver son équilibre, de bien récupérer de chaque effort, de chaque séance, l’endurance fondamentale est ainsi indispensable, afin d’éliminer l’acide lactique que produit notre organisme durant les séances intensives, cumuler cet acide sera source de blessures et de saturation, la récupération fait partie intégrante d’un bon programme d’entraînement, il faut assimiler le travail fourni.
De nombreux coureurs progressent effectivement durant 2 ou 3 saisons, mais trop souvent ce sont des progrès réalisés beaucoup trop rapidement, avec des efforts trop intenses, disproportionnés même, vitesse d’endurance bien trop élevée, bien au delà des 80 % de leur FCM réelle, ce qui fait qu’ils ne récupèrent jamais convenablement, et surtout le travail de résistance est trop intensif, avec des temps de récupération trop courts, ce qui ne peut convenir à tous les coureurs, chacun possédant des facultés de récupération bien différentes selon les niveaux.
Pour aller loin, il faut ménager sa monture... je n’ai pas inventé cette formule, mais elle est bien réelle, tout ce qui est fait dans la précipitation manquera de fondations, cela fonctionne un temps, mais pas plus longtemps. Pour durer, il faut de la continuité, avoir encore une marge de manoeuvre, soit dans la possibilité d’améliorer encore sa vitesse maximale aérobie, soit dans la possibilité de courir plus, afin d’améliorer encore son endurance, les champions font du bi quotidien, ce n’est pas pour rien.
Bien entendu, avant d’en arriver à courir 2 fois par jour, il faut déjà courir au quotidien, 7 fois par semaine, pour totaliser plus de 100 kilomètres, cela ne se fait pas du jour au lendemain, non plus, il est important d’augmenter sa charge d’entraînement, petit à petit, de 50 à 60 km, puis de 60 à 70 et ainsi de suite, cela peut se faire sur plusieurs mois, ou années, c’est selon les disponibilités et les motivations de chacun. Les anciens pouvaient ainsi courir entre 150 et 180 kilomètres par semaine, mais ils étaient au summum de leur carrière, ils sont arrivés à ce régime, progressivement, sur plusieurs années, avec patience et persévérance, mais ces anciens champions avaient des VMA supérieures à 23 km/heure, ils étaient sous les 8 minutes sur 3000 mètres, et sous les 14 minutes sur 5000 mètres, ce qui de nos jours devient moins courant, sauf pour ceux qui savent s’investir avec le haut niveau en point de mire. Heureusement, il existe encore quelques jeunes, capables de courir 10 kilomètres en moins de 30’ voire 29’...
Il est évident, que sur 10 km, on voit des progressions intéressantes, du genre : de 45’ à 38’ en 2 années, ou encore de 36’ à 34’ en une saison, mais ce qui est plus intéressant, c’est la suite, car beaucoup s’imaginent pouvoir continuer ainsi sur leur lancée, alors que s’ils ne changent rien, cela ne risque pas de se produire, on ne passe pas de 34’ à moins de 32’, aussi facilement que de 36’ à 34’, sinon cela se saurait...
Non, ceux qui progressent encore à ce niveau de performance, et arrivent à se hisser à 31’ voire moins, possèdent les qualités nécessaires pour toujours viser plus haut, ils en ont la capacité mentale et physique, rien n’est dû au hasard, ils évitent de se blesser, ils s’entraînent avec une certaine rigueur, ils courent plus vite au fur et à mesure des progrès réalisés, ils récupèrent bien de leurs séances et restent confiants et surtout très motivés afin d’améliorer leurs records personnels, tant que cela leur est possible, car si le doute s’installe, ce n’est pas bon signe, il ne sert à rien de forcer sa nature, tout est une question de confiance en soi, c’est dans la tête que cela se passe, le cerveau reste le maître de la situation, il est préférable qu’il soit en bonne santé pour bien fonctionner.
Pour conclure, nous pouvons dire que tant que nous avons la conviction de pouvoir faire mieux, nous avons la possibilité de mieux nous organiser afin d’ augmenter notre charge d’entraînement tout en améliorant la qualité de nos séances de rythme, à condition d’avoir la capacité de courir plus vite. Cette capacité dépend de notre vitesse de base, mais aussi de notre puissance musculaire, de notre technique de course qui doit s’améliorer, de notre poids de forme, de notre condition physique générale et surtout de nos facultés mentales et notre confiance en nous. Ainsi nous pouvons assurer une progression constante, bien au delà de ce que font la majorité des coureurs, afin d’aller au bout de nos limites, mais pour se faire, il faut vraiment faire des sacrifices et avoir envie de les faire, ce qui n’est jamais évident.
Car il ne faut jamais oublier que ce n’est que du sport, ce n’est logiquement pas la priorité de notre vie, il y a la vie professionnelle, la vie familiale, il faut bien se rendre à cette évidence ; mais on peut aller au bout de ses rêves, sans compromettre son équilibre, en conservant sa lucidité et en sachant bien faire la part des choses, on peut bien courir, tout en restant convaincu que le plus important est de bien réussir sa vie, le sport est avant tout un loisir, même pour un excellent coureur, par contre pour un champion du monde ou olympique, c’est une autre histoire, cela dépasse fatalement le loisir et le plaisir.